‹ Œuvres completes de M. J. Chenier: precedees de notices historiquesChapitre 135 sur 266 · ACTE III, SCÈNE I. ao · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I. ao

OPIMIUS

Quel est donc sur les cœurs l'ascendant du génie, D'une éloquente voix quelle est la tyrannie, Si l'orgueil irrité d'un sénat tout-puissant L'écoute avec respect et cède en frémissant ? Les talens de Gracchus, le souvenir d'un frère, La vertu, les aïeux, le grand nom de sa mère, Tout contre le sénat semblait parler pour lui. Et plus que tu ne crois le peuple est son appui. Ah ! si dans les esprits on pouvait le détruire ! Si, ne pouvant le vaincre, on pouvait le séduire! Au nom du bien public et de son intérêt.

Je viens d'en obtenir un entretien secret :

Jusqu'à flatter Caïus je saurai me contraindre : Si je puis l'ébranler nous n'avons rien à craindre ; Nous le verrons, Drusus, expirer sous les coups D'un peuple qu'il osait exciter contre nous.

DRUSUS

Je le crois : cependant si Caius inflexible Oppose à tes discours une ame inaccessible , Si les séductions irritent ses mépris...

OPIMIUS

Au même instant , Drusus , sa tête est mise à prix. J'aurai soin de hâter des rigueurs nécessaires ; Le sénat a besoin de la mort des deux frères. La main de Scipion fit tomber le premier.

Et des bras éprouvés puniront le dernier.

Il vient, retire-toi.

( Dr usas sort. )

ao4 CAIUS GRACCHUS.^

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