ACTE III, SCÈNE VIL
Le perfide Drusus est tombé soias nos coups ;
Et , lorsqu'Opimius à le venger s'apprête ,
Nos amis enlevaient leur illustre conquête , *
Et criaient , en serrant ton fils entré leurs' mains :
« C'est l'enfant deGracchus, c'est l'espoir des Romains!»
GRAGGHUS.
Que ne vous dois-je pas , citoyens magnanimes !
FULVIUS
Opimius frémit ; il a besoin de crimes.
Nous avons des soldats ; il a des assassins ,
Et je t'ai dévoilé ses sinistres desseins.
Déjà j réunissant leurs fureurs mercenaires ,
Esclaves , affranchis , étrangers et sicaires ,
Grossissaient à l'envi les forces du sénat ,
Et vendaient au consul notre sang et l'État.
Sans doute à la victoire il ne faut plus prétendre ;
Mais nous aurons du moins l'honneur de te défendre:
Le peuple que tu sers veut aussi te servir ;
Et s'il ne peut plus vaincre , il peut encor mourir.
GRACCHUS
La mort est pour moi seul. .
LIGINIA.
Opimius s'avance.
ai8 CÂIUS GRÂCCHUS.