‹ Œuvres completes de M. J. Chenier: precedees de notices historiquesChapitre 167 sur 266 · ACTE 1, SCÈNE 1. a-j · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE 1. a-j

Peut-être ce lien, me disai&-je à moi-même,

Est UQ poids révéré qu'on porte avec effort.

Peut-être cette paix n'est qu'un sommeil de mort.

Ainsi je nourrissais dans cette solitude

Je ne sais quelle vague et sombre mqQÎétude :

Ainsi tout préparait mon ame au changement !

Mais hier, dans la nuit , un triste événement

A redoublé la crainte et la mélancolie

Qui déjà corrompaient les destins d'Amélie.

Vous connaissez la voûte et les degrés obscurs

Qui conduisent du temple en ces paisibles murs.

A l'heure où finissait la nocturne prière ,

Un peu loin de nos sœurs , je montai^ la dernière ,

Pensive, et les regards sur la terre attachés,

Me livrant tout entière à mes chagrins cachés.

Tandis que de ces soins j'étais préoccupée.

Tout-à-coup d'un bruit sourd mon oreille est frappée ;

Je marche vers ce bruit; je m'arrête, et j'entends

Le cri d'un être faible, et qui souffrit long-temps.

Cette plaintive voix , ces sons lents et funèbres.

Plus déchirans encore au milieu des ténèbres.

Ont accablé mes sens glacés d'un morne effroi ,

Et du fond d'un cercueil semblaient monter vers moi.

ISAURE

Oubliez tout , ma fille, ou vous êtes perdue.

AMÉLIE

Isaure !

a74 FÉNÉLON.

ISAURE

Vous voyez combien je suis émue.

Chère Amélie , au nom du plus tendre intérêt « D'un tel événement renfermez le secreL L'abbesse de cef lieux auprès de noué s'avance ; Avec elle surtout observez le silence.

(EUetort.)

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