AMITIE
En ses touchans discours chak^ mot m'intéresse. Ah ! mon respect pour voua égafle iM'af tendresse ; De nos communs destina ^ous me voyez frémir, Et c'est pent-éfré ainsi qu'on voulait me punir.
HiLOiSE.
Vous punir !
AMiLIE.
Apprenez quel est mon sort funeste :
On exige de moi des vœux que je déteste.
Hii^cisE.
Quoi ! voos pMMUcerilM ces honribles sermens !
iLÉtÉtîE.
Mon cœui" à décbuVëft ^ séCi*ets seniiméns ; Mais que peut l'opplritoé contre la tyrannie? On pt^ùd thaïgté tuoi disposer de ma vie.
HÉLOÏSE
Et vos cruels parens vous ont fermé leurs bras !
AMÉLIE
Mes parens, dites-vous? je ne les connais pas.
HELOÏSS.
Quoi ! \ouSf ne sai^ez pas ee que c'est qu'une mère ! Je vous plains it num tour.
294 Ff:NELON.
AMÉLIE
G pitié douce et ehère!
Dans l'abime où le ciel a voulu vous plonger. Plaignez-vous un chagrin qui vous est étranger? L'infortune aigrit Tame , et la rend inflexible.
HBLOÏSE.
A force dû malheur la mienne est plus sensible.
AMELIS.
N'est-il aucune femme en ces lieux abhorrés Qui sache compatir aux maux que vous souffrez?
MÉLOiSE.
Celle qui m'apportait, dans la première année , Le vase rempli d'eau, le pain de la journée, Alors qu'elle daignait jeter les yeux sur moi , Me lançait des regards pleins de haine et d'efiroi. Une autre vint remplir ce sombre ministère :
Son aspect chaque jour me parut moins austère; De ses yeux attendris j'ai vu couler des pleurs : La pitié qu'on inspire adoucit les malheurs.
Tant de maux, de chagrins, ma triste nourriture , Paraissaient quelquefois accabler la nature ; Cette femme, attentive à ces cruels momens, M'apportait en secret de plus doux alimens.
Ijorsque, pendant l'hiver, une humide froidure Aigrissait tout-à-coup les tourmens que j'endure. Un foyer bienfaisant , par ses soins allumé , Pénétrait dans mon cœur lentement ranimé.
Payer tant de bienfaits n'est pas en ma puissance;