‹ Œuvres completes de M. J. Chenier: precedees de notices historiquesChapitre 182 sur 266 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

Qui, (fan œil de courroiScK, épiaient les momens

D'enlever otf tré^r à mes embrassemén^:

Hélas ! on étoufib ma T6ix ji^Iaintive et tendre ;

En accens pi^oiligéii Paira^ se ût éàtendrë ;

On partit : mèâ tyi^aM éôurtirent à l'àutef,

La'érine an fond du cœur, intôqùék^ TÉteHid.

O dé^ fSès tbngd toumièns époque mémoràbYel

On célébrait le jour oii dans Sien coupable ,

Dieu, rédempteur du tnondé, ^^TOkhjueur du tbmbeatf ,- '

De ses jours immortels rallunAi le flambeau.

AMiLlB.

Qu'avez- vous dit? c'était... comblez mon espérance ; Dans ce jour solénnét j'ai reçu la naissance.

hAloïse.

En quels lieux ?

AMELIE.

Ici même en ce cloître odieui^.

HJÉLOÏSE.

Si j'étais mère encore! achevez, justes cieux ! Et votre âge ?

AMÉLIE

Quinze ans.

HiLOÏSE.

On vous nomme...

AMÉLIE

Amélie.

HÉLOÏSE

Ma fille!

A M ELIE

C'est de vous que j'ai reçu la viel

HÉLOÏSB.

Amélie ! Âh ! ce nom te fut donné par moi ; En t'arrosant de pleurs je Tai choisi pour toi ; Ce nom seul à mon cœur te rend encor plus chère; C'est le nom, le doux nom qu'avait porté ma ilière.

AMELIE.

Quoi! vous êtes la mienne! ô moment trop heureux !

HELOÎSE.

Le ciel a mis un terme à mes tourmens affreux.

AMELIE.

Que je baise ces mains, ces chaînes révérées Que durant si long- temps ma mère a consacrées.

HELOÎSE.

Amélie !

AMELIE.

Et c'est vous qui, loin de l'Univers, Souffrez, depuis quinze ans, tous les maux des enfers!

HÉ LOIS E

Je ne m'en souviens plus. Objet de ma tendresse, Sur mon sein maternel, oh! viens que je te presse! Son père, mon époux , d'Elmance est dans ses yeux. Oui , voilà son regard et ses traits gracieux. Viens, que j'embrasse encore et la fille et le père, O mon bien , mon trésor ! viens, c'est moi, c'est ta mère. Qui sort en ce moment des gouffres du trépas , Qui te voit, qui t'entend, qui renaît dans tes bras.

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