ACTE II, SCÈNE VI
Fuyait partout des rois le souffle criminel ,. Elle aurait dans Corinthe un asile étemel. .^-^ De nos Dieux protecteurs l'auguste providence Veille du haut des cieux sur notre indépendance. Rendons-nous toutefois dignes de leurs bienfidts : On n'est point criminel pour réclamer la paix ; Mais sachez qu'en nos murs il est d'autres coupables 2 Le peuple est entouré d'ennemis implacables...
ANTICLis.
Et c'est pour assurer, pour maintenir ses droits , Qu'au nom du bien public j'élère ici la voix. Il faut qu'un magistrat, sage, actif, intrépide» Opposant aux partis une invincible égide, De tous les &ctieux confonde la fureur.
Et que la liberté règne par la terreur.
D^HARISTE.
Tel est des oppresseurs le langage ordinaire; Je dénonce Anticlès : républicaine et mère , J'ai le droit de parler pour arracher mon fils Au piège où l'entraînaient de perfides amis.
Je vois en nos remparts une horde insensée Aux lèvres du génie enchaîner la pensée, La terreur, comprimant l'honnête homme abattu, Sèche l'humanité , fait taire la vertu. .
La tyrannie altière , et de meurtres avide , D'un masque révéré couvrant son front livide , Usurpant sans pudeur le nom de liberté , Roule au sein de Corinthe un char ensanglanté.
388 TIMOLÉOM.
Au courage , au mérite on déclare la guerre i
On déclare la paix aux tyrans de la terre ;
Et la discorde impie , agitant ses flambeaux ,
Veut élever un trône au milieu des tombeaux.
Il est temps d'abjurer ces coupables maximes :
Il faut des lois , des mœurs , et non pas des victimes.
Imprimons aux méchans un salutaire effroi ;
Que le crime pâlisse et tombe sous sa loi :
Mais qu'au moins l'innocent goûte un sommeil trancjuille;
Mais que l'infortuné trouve encore un asile ;
Qu'il ne redoute plus , sous son toit protecteur,
L'œil du juge homicide et du vil délateur.
Le peuple ne veut plus ces indignes entraves :
Songeons que la terreur ne fait que des esclaves ;
Et n'oublions jamais que sans humanité
Il n'est point de loi juste et point de liberté.
AJ!rTICLÈS.
Que tardons-nous encor? l'heure est enfin venue De rétablir la paix dans G>rinthe éperdue, D'étouffer sans retour les cris séditieux.
ORTAGORAS, décoavrant an diadème caché parmi les coiqoréa.
Citoyens ! quel objet vient offenser mes yeux ? Voyez-vous ce bandeau , marque du rang suprême ? Connaissez vos tyrans.
LE CHŒUR
O crime ! un diadème I
TIMOLEOir. 1
Et voilà donc la paix^que vous nous prépares^ I>