SCÈNE IV
HENRI, ANNE DE BOULEN, JEANNE SEYMOUR,CRAMMER, NORRIS, NOR- FOLK, COURTISAirS, PAGES, GA.RDES.
IfORRIS.
Je me rends, Sire^ à vos commandemens.
Dans ces lieux redoutés vous m'avez fait conduire.
HENRI
Oui : j'ai voulu te voir, et tu peux nous' instruire^ Rassure-toi, Norris, parle sans te troubler.
NORRIS
Mon cœur est innocent, c'est au crime à trembler.
HENRI
Ne me déguise rien.
NORRIS
J'y consens , je le jure :
Ma bouche a de tout temps ignoré l'imposture^
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fiËNRI.
Va , je ne doute point de ta sincérité ; *.
Ton maître de ta bouche attend la vérité.
iroRRis.
Au serment que j'ai &it je resterai fidèle.
HENRI
Tu vois la Reine ; il faut t'expliquer devant elle.
NORRIS
Sa présence n'a rien qui me puisse arrêter ; Et, je dirai bien plus, j'ai dû la souhaiter : Je déteste le crime , et je viens le confondre.
ANNE DE BOULEir.
Grand Dieu!
HElfRI.
Je suis content; mais songe à me répondre.
Parle : estH^Ue coupable ?
JEANNE SETMOUR, àNorm.
Osez-vous l'accuser?
Cruel ! de son malheur pouvez-vous abuser ?
Ah ! ses persécuteurs n'ont que trop de puissance !
HENRI
Madame!
ANNE DE BOULEN, i^ Norris.
Au nom d'un Dieu vengeur de l'innocence, D'un Dieu qui nous rassemble, et qui dans ce moment A du haut de son trône entendu ton serment, Par le sein qui jadis a nourri ton enfance , Tu peux encor, tu dois embrasser ma défense.