‹ Œuvres completes de M. J. Chenier: precedees de notices historiquesChapitre 250 sur 266 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

DÉMARISTE, TIMOPHANE.

BliMARISTE.

Approchea-Yous, mon fils.

TIMOPHAITE.

U fiiit l'aspect d'un frère.

DEMARISTE.

Oui , pour l'abandoimer aux conseiU d'une mère.

TIMOPHA]fE« / ,

Et pourquoi m'éviter ? Quel est dono mooforiait ?

oiMARISTE.

Au fond de votre cœur étes-vous satisfait ?

TIMOPHAITE.

ATa-t-on vu recli^rcher l'éclat du rang suprême ?

DIÉMARISTE.

N W-on jamais tyran qu'avec un fiadême ?

TIMOPHANE. '

Ainsi vous vous rangez parmi mes ennemis !

DjiMARISTE.

Vous le croyez?

TIMOPHANE.

Ma mère !

DiMARlSTE.

Ecoutez, mon cher fils.

394 TIMOLÉON

TIMOPHAITE.

Pardonnez...

DIÊMARISTE.

Je vous plains : Tambition tourmente.

A ce mot , je le vois , votre fureur s'augmente : D'un injuste dépit j'excuse les éclats ; Offensez votre mère , et ne vous peindez pa&m

TIMOPHAKE.

Me perdre , dites-vous ? ah ! je n'ai rien à craindre.

DIÊMARISTE.

Timophane un instant ne peut-ii se coniraiBdre ?

On vous flatte , mon fils ; on vous trompe , et je voi

Que vos cinels amis vous sont plus chers que moi.

Dans nos jeux solennels, au milieu de ces fêtes

Qui de mes deux enÊins consacraient les conquêtes ,

Les citoyens émus y me suivant à grands flots ,

S'écriaient : La voici ^ la mère des héros.

Veux-tu que, dans les fers, maudissant ta puissance,

Ce peuple, dont les chants célébraient ma naissance ,

Ne me distingue plus que par des noms affreux,

Et que mon jour natal soit un jour malheureux ?

Oses-tu renoncer à ma tendresse même ?

Je t'aime , Timophane ; et tu sais que je t'aiiûe

De cet amour si tendre et si passionné

Que le cœur maternel sent pour un premier-né.

Mais ne t'abuse point :,si le ciel te destine

A commander au peuple , à tramer sa ruine ,

A rétablir le nom , l'autorité d'un roi ,

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