SCÈNE IL
HENRI, CRAMMER, courtisans, pages, gardes.
CRA3IMER.
Pardon ,^ Sire !
HENRI
Des lois , que nul T»t peut enfreindre Ont condamné Boulen; je ne dois que la plaindre.
GRAMHER.
Ce jugement affreux vous Favez pu souffrir !
HENRI
Téméraire!
CRAMMER
O mon roi , laissez-vous attead^r !
Qud sang répandez-vous? quelle est votre victime? Si l'arrêt du trépas peut être légitimé.
6a HENRI VIIl.
Si la loi peut jamais verser du sang humaia , C'est quand le criminei eu a souillé sa maio. Livrez- vous à la mort une épouse iKuniicide? A-t-elle en votre soin plongé son bras perfide? M on , non ; laissez briser votre inflexible cœur ; De vos cruels soupçons abandonnez Terreur; D^un crime, quel qu'il soit, la Reine est inca[NMe; Sauvez, sauvez ses jours; et, fât-etle coupable, Au nom du Dieu clément dont vous suivez les tob , Du Dieu qui pardonnait en mourant sur la croix.... Écoutez-le ce Dieu , votre roi , vôtre maître ; Il vous ordonne ici , par la voix de son prêtre , De ne point accabler d'un injuste courroux Le vertueux objet dont vous étiez Tépoux.
Craignez Iç repentir, amer, inexorable.
Le repentir vengeur d'un mal irréparable; Ne vous préparez point des remords éternds :
Songez que Dieu punit les princes criminels.
CKAHMER.
Non. Si ma yçm. vous semble trop bardie, .
Prenez mes jours , preqez ce reste de ma vie ; Vous me verrez sans peine expirer sous vos cou^ , Si je puis en mourant sauver la Reine et vous : Oui , vovi...^n souvenir vous poursuivrait sans cesse ; Il corrom profit vos jours usés par la tristesse; Excusez le désordre .où vous plongea mes sens; '