‹ Œuvres completes de M. J. Chenier: precedees de notices historiquesChapitre 72 sur 266 · ACTE II, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IL

GLÉRAG, àLaSaËé.

Un juge aux passions doit être inaccessible.

LA. SALLE

Je renonce à juger ^%\ -feut Are inse^isible.

JEAN CALAS, r^kvnâ&t «Mceâft.

Eh quoi ! je puis eâcor me trouver dans vos bras!

(ALaSaUe.) .

Mais vous pleurez aussi !

HAOAME CALAS.

C'est un des magistrats.

JEAV CALASyàUSaUe.

Je vous jplains.

C LjàR A C , à Pierre Gains.

Achevez. Qu'ordonna votre père ?

'A^f^ PIERflE GALAS.

« Va, me oit-il, va, cours, cherche à sauver ton frère; « Mais cache bien surtput qu'il a tranché ses jours. » Je vole en gémissant implorer des s^ecours.

Hélas ! nous espéricms qu'une main bienfaisante Ranimerait encor ^ chaleur expirante.

Ou vient : l'art se consume en efforts superflus , Et BOU8 jrend pour tout fruit ces mots : «Il ne vit plus ! »

CL^R AC, k madaBw Calas.

Et le chef de la ville alors vint vous surprendre ?

PISEEE CALAS..

J'ai couru l'avertir.

c Li^R A c , à Pierre Galas.

Je viens de vous entendre.

io8 JEAN CALAS.

( A midame Calas. )

C'est vous que j'interroge, épouse de Calas.

MADAME GALAS

Le chemin tout-à-coup se remplit de soldats.

Le magistrat diargé de veiller sur la ville Arrivait avec eux au sein de notre asile ; Et déjà cet asile était environné D'un peuple furieux contre nous déchaîné.

« Oui, criait cette foule impie et fanatique, a Us ont tué leur fils devenu catholique ; a II voulait abjurer; et tous les protestans « Sur de pareils soupçons égorgent leurs enfiuis. « Voilà le meurtrier qu'a choisi leur vengeance; a C'est ce jeune homme à peine échappé de l'enfimoe, « Lui-même , et de Bordeaux il revient aujourJhui ce Pour cet assassinat qu'on exigeait de lui; » Le pieux magistrat par les cris du vulgaire Sent s'échauffer encor son zèle sanguinaire; Et, de cinq malheureux ardent persécuteur, Il devient notre juge et notre accusateur.

Plongé depuis six mois en de sombres abîmes, Innocens, renfermés dans le séjour des crimes, Isolés, dispersés, seuls avec nos malheurs.

Jamais la riiain d'un fils ne vient sécher nos pleilrs; Et js^mais une voix et consolante et tendre A notre cœur ému ne peut se faire entendre.

Les noms sacrés de mère, et de père et d'époux. Au fond de ces tombeaux n'existent plus pour nous.

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