‹ Œuvres completes de M. J. Chenier: precedees de notices historiquesChapitre 80 sur 266 · SCÈNE It · texte numérisé non relu

SCÈNE It

LOUIS CALAS, JEAN CALAS, pu^lOMi .lU

b »iit *ujt il« U firiion.

IKAN GALAS.

C'est toi , mon cher Louis.

LOUIS CALAS

Je connais cette voix.

Se peut-il?... c'est la sienne, et c'est lui que je vois. De ces éclairs pressés la rapide lumière Me tait jouir encor de l'aspect de mon père.

JEA.N CALAS.

Tes àccèns douloureux ont pénétré mon coerur.

Louis GALAS.

Quoi ! je puis donc goûter uh ftiàhïeût Aë bonheur !

Evite ^ mén eher fils , les coups de la tempête ; Les torrens orageux vont tombéi* sur ta lêtfc.

I20 JEAN CALAS

LOUIS CALAS

Q'importe les tbkrens et la foudre en courroux ? Je puis vous contempler, je suis auprès de vous.

JEAN GALAS

Je t'ai vu; c'est assez : au nom de ma tendresse, Pour ta mère , mon fils, conserve ta jeunesse : Ta mère est dans cet âge où de nouveaux besoins De Tamour filial exigent plus de soins.

LOUIS GALAS

Vos juges en leurs mains tiennent sa destinée.

JEAN GALAS

Je ne présume pas qu'elle soit condamnée.

Ils vont faire périr, sous la main d'un bourreau ,

Un vieillard que déjà réclame le tombeau;

Mais je crois que mon sang pourra les satisfaire,

Et qu'ils épargneront ta malheureuse mère.

LOUIS GALAS

Et voilà tout Tespoir que vous me présentez !

JEAN GALA.S

Nos destins sont prévus, nos momens sont comptés.

J'ai passé sur la terre , et j'ai connu la vie;

Le port s'offre à mes yeux , et ma course est finie.

LOUIS CALAS

Dieu! quel pressentiment!

Mon fils , ne me plains pas ; Plains et chéris ta mère.

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