‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 1 sur 279 · CHEZ FIRMIN DIDOT FRERES, LIBRAIRES · texte numérisé non relu

CHEZ FIRMIN DIDOT FRERES, LIBRAIRES

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MÉLANGES HISTORIQUES

PRÉFACE

Mes onmiges historiqnes se composent de Y Essai sur tes Révolutions 9 des Mémoires touchant la vie et la mort de iff le duc de Berry , de quelques articles nécrokgkiues , d'ane Notice sur la Vendée , et de mes Discours servani d'introduction à ^Histoire de France : ceux-ci famemut la base de mon Histoire^ France proprement «te.

Ce n*est pas que dans mes ourrages littéraires et dans Mes Voyages on netrooTe des morceaux d'histoire, entre SHtrea le deraier chapitre sor l'avenir des nations , dans le Génie du Christianisme, et la Mort de saint Louis, dans V Itinéraire; mais ces morceaux ne sont point isolés, et M peQTeot être publiés à part.

C'est à la tète de mes Discours d'introduction à VHis» toirt de France que je placerai ma Préface générale sur IHistoire. Je n'ai donc que quelques mots à dire ici du vo« kme que je donne maintenant au public.

Ce Tolome contient , avec V Histoire de la Vie de Mf le duc dt Berry, l'écrit intitulé : Le Roi est mort : viV3 le Soi fU Notice sur la Vendée; les articles nécrologiques sor le général Nansouty, MM. de la Harpe , Saint-MarceUin ti de Fontanes ; enAn , une sorte de traité de politique historique : les Quatre Stuarts. Lorsque je déplorais la perte de M. de Saint-Marcellin , et que j'essayois de consoler l'amitié, je ne me croyds pas appelé à parler lilM après sur le tombeau de M. de Fontanes : voilà ce qne c'est que de vivre.

la némoire de Mf' leduc de Berry, de ce prince qui eBeowacpoit les talents, qui bonoroit la vertu militaire; cette aogDsIe mémoire ne sera point offensée que j'aie plicé, comme' sons sa protection, la mémoire de deux hommes Ulosties dans les lettres , celle d'un général célèbre , celle d'an jeune soldat malheureux , et le souvenir de cette Vendée , la France des Bourbons , quand il n*y avoit plus pour eux d'autre France.

J'ai représenté la famille royale dans des Jours de doukor; les peintres ne manqueront pas pour les jours de prospérité : si mes portraits ne sont pas ceux d'un maître, Sbiont du moins ressemblants. Monsieur, aujourd'hui le BOI ,a'est-i] pas toujours le prince dont la conscience n*a rien à cacher à la terre ? Ms** leduc d'Angoulème, ai^ourdlin' Mf le Dauphin, n^est-il pas toujours ce jiu/!e sur la foi duquel on peut se reposer ? La globe qu'il a lyootée à sa %ie n'a pas changé le chrétien. Maoahe, aujourd'hui madame la Danphine,a-t-elle cessé d'être la femme représentée par ces traits : « Que lui importent les périls? est il ■ une donleor qui paisse se passer d'elle , une adversité qui

CHATBifVRtAim. — TOVB U.

n Tait jamais fait reculer? MADAUfi est accoutumée à re- « garder la révolution en face : ce u'étoit pas la première « fois que la fille de Louis XVI et de Marie- Antoinette « prenoit soin d'un frère mourant. «

J'ai reçu , pour un travail trop au-dessous du sujet, une récompense que j'estime plus que tous les honneurs de la terre : la mère de Ms' le duc de Bordeaux, cette jeune princesse , le charme et l'amour de la France, a enseveli les Mémoires avec le noble cœur qui fut percé du poignard : que n'ai-je pu le ranimer I

L'écrit ■ où j'ai exprimé les regrets et les espérances de la France devoit naturellement se placer ici comme une page historique. En déplorant avec la patrie la mort du vénérable auteur de la Charte, je déplore celle de mon bienfaiteur.

Des pièces justificatives importantes ont été jointes aux Méroolies sur Me le duc de Berry : ce sont des lettres de Louis XVIII, de Charles X, de Me** le Daupliin , de Mn' le duc de Berry , de Mf le prince de Condé , et un fragment de journal inédit.

Depuis plusieurs années , on a bien voulu me faire passer des réclamations très-justes , ou des documents trèsprécieux relatifs à ma Notice sur la Vendée, J'aurois voulu y faire drait , j'aurois voulu nommer tout le monde ; mais cela m'a été impossible : une Notice n'est point un ouvrage complet. Si jamais je puis conduire naon Histoire de France jusqu'à l'époque de la révolution, je réparerai les omissions auxquelles m'ont forcé les limites étroites d'un premier essai.

Depuis la restauration , on a beaucoup affecté de parler des Stuarts ; entendant leur nom retentir sans cesse à la tribune ,]*ai voulu savoir ce qu'il en falloit croire.

V Essai historique prouve que je m'étois autrefois occupé du règne de Charles 1^**; j'en avois même écrit l'histoire complète. J'ai relu attentivement les mémoires latins et anglois des contemporains sur la matière : les historiens de nos jours, MM. Guizot , Lingard , Mazure, ont éclairé ma marche et ajouté à mon instruction ; j'ai déterré quelques pièces peu connues. De tout cela il est résulté , non une histoire des Stuarts que je ne voulois pas faire , mais une sorte de traité où les faits n'ont été placés que pour en tirer des conséquences politiques. Tantôt la narration est courte lorsque aucun sujet de réflexions ne se présente, ou qu'on n'est pas attaché par l'intérêt des événements ; tantôt elle est longue quand les réflexions en sortent avec abondance, ou quand les événements sont pathétiques. H n'y a personne qui n'ait lu quelque récit de la mort de Charles 1^**; j'ose croire que de petits détails négligés des historiens frapperont les lecteurs dans la Politique historique; ils verront, par exemple, sur les anneaux scellés

■ Le Roi est mort t vive le Roi !

MÉMOIRES

à l'échafaad, sur les deux hommes nnoêqués, etc., des renseignements qui se trouvent consignés au procès des régicides , et qui ^joutent à Tépouvanle de la scène.

J'ai tâché de faire sentir les principales ressemblances et difTérences des deux révolutfoiSt de la révolution de 1640 et de 1688, et de la révolution de 1789 et de 1814. Je me suis proposé de signaler les écueils , afin d*en rendre Tévitée plus facile ; mais l'iiomme pervertit souvent les choses à son usage , et quand on lui croit ofinr des leçons on ne lui fournit que des exemples.

MÉMOIRES

SUR t. A. m. MomnoirErn

LE DUC DE BERRY

AVERTISSEMENT

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