CHAPITRE IV
Projet de mariage entre monselgnear le dac de Berry et la princesse Chrisline de Naples. Le prince va en ItaUe.
Ce mélange de combats et de voyages , ces relations avec toutes sortes de peuples et toutes sortes d'hommes , avolent formé le caractère et l'esprit de M^ le duc de Berry; Il parloit avec facilité la plupart des langues de l'Europe , et les épreuves de sa vie promettoient à la France un grand monarque.
Le roi avoit pensé pour son neveu à un mariage : il avoit Jeté les yeux sur la famille royale de Naples. M. le chevalier de Yernègues avoit
< TkcnEjjénnalet, * 6 octobre I709.
MÉMOIRES
donné la première idée de cette union , et avolt été chargé de la suivre; ensuite M. le comte de Ghasteilux reçut des instructions à ce sujet; celui-ci, attaché à madame Victoire, avoit été nomméaprès la mort de cette princesse ' ministre plénipotentiaire de Louis XVIII à la cour de Sicile. Des lettres-patentes en date de Mittau, donnèrent pouvoir au comte de Chastellux de consentir, au nom de Sa Majesté, au mariage de M^ le duo de Bèrry avec madame Christine, princesse de Naples.
M^ le duc de Berry , accompagné du comte de Damas-Crux, du chevalier de Lageard et du marquis de Sourdis, partit de Liutz pour Glagenfurth, où se trouvoit la princesse sa mère, Mai>AUB : de là il se rendit à Palerme. L'armée de Condé devoit passer en Italie, s*embarquer à Livourne, et faire une descente en Provence, où les royalistes avoient un parti.
M*^^ le duc de Berry plut à la cour. Son mariage avec la princesse Christine fut à peu près arrangé. Il reçut un traitement de 25 mille ducats, que les malheurs du temps ne tardèrent pas à lui enlever. La reine de Naples, les princesses ses filles et le prince Léopold ayant quitté la Sicile ^ pour faire un voyage à Vienne, M^ le duc de Berry alla à Rome, avec dessein de servir dans le corps napolitain qui occupoit la ville des Césars.