‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 102 sur 228 · CA1I · texte numérisé non relu

CA1I

> Les larmes » mon enfant , conviennent peu à ta silnation<

Nous nous reverrons; rappelle tes forces. Si ta grosse larme se montre sous tes belles paupières , que ton courage la retienne lorsqu'elle cherche à s'échapper. Dans notre passage sur cette terre, où la route tantôt plonge dans la vallée, tantôt gravit ta montagne, et où le vrai sentier est difficUe à disUhguer, tes paâ doivent être nécessairemeùt tné^ni ; nrnld suis la vertu , elte té tnontr^Mi Îb drbit chemhi*.

Si ce dialogue n'est pas dans nos Aiœurs, du nMAmil respire le calme et la fraîcheur de l'idylle*

La dernière leçon de Cana , dans le stylé de l'apologue oriental, quoique venant inapropOs, est pleine d'une aimable ptiilosophie. Le Théocrite des Alpes va nous fournir pour l'Allemagne le parallèle de ce moreeau<

Pyrrhus^ prinee de Krlssa^ et Arated, anii de Pyrrhtis , ont envoyé , par ordre des dieut , le premier, Son fils Ëvandre , le second ^ sa illte Alcimne, afin d'être éievés seerètement ehea des bergers. L'amour touebé le edsur d'Évandre et

d'Aieimiie, ils s'àiment sans eonnottre leur rang

illustre. Les princes arritënt , révèlent le secret, les amants s^unissent. VÉvandre de Gessner n'est pas son meilleur ouvrage ^ mais il est curieux àeause de sa ressemblance AveeSoeen/afa. Il y a quelque chose qui ouvre un vaste champ de pensées philosophiques à trouver Tesprit hu-

> SffcsRf., ada nr^ pag* 47, de.

BÉVOLUnONS ANCIENNES.

main reproduiiant les mêmes sujets , à cinq miHe ans d'intervalle, d*UQ bout du glol)e à Fautre. Lorsque fauteur de Sacontala florissoit sous le beauciel de l'Iude ,qu'étoit la hart)are Helvétie?

Alcimne a appris sa naissance ; eileest entourée de suivantes qui lui parlent des mœurs de lu cour. Elle regrette, comme la princesse indienne, ses bois, ses moutons, sa houlette, et surtout ses amours.

Là DEUXIÈME SUIVANTB.

Pennettez-moi de tous dire qu'il fout que vous renoociei aux ooœura de b Gampagpe» pour suifre celles de la cour. Une grande dame doit savoir tenir son rang. Nous avons ordre de ne point vous quitter et de vous donner des leçons.

ALCniMB.

J'aime mieux nos mœurs; elles sont simples, naturelles , et s^apprennent toutes seules. Parmi nous on 119 voit personne en donner des leçons; on s'en moqueroit comme de quelqu'un qui voudroil apprendre à un oiseau un autre chant que le sien. Biais dites-moi quelque chose de (a maniera dont on vit à U ville. Je crahis fort de ne pas la trouver de mon goût.

LÀ nSDXlÈlfB SUIVANTE.

Le malin, quand vous vous éveillez , ce qui n'est qu'à midi , car les dames du grand monde ne s'éveillent pas à l'heure des artisans. ...

ALCIMNE.

A midi I Je n'entendrois donc plus , le matin , le chant des oiseaux ; je ne verrois donc plus le lever du soleil ? cela ne m'accommoderoit pas.

LA PEEMIÈRB SDIVAKTE.

Votre beauté ne manquera pas de vous fiûre beaucoup diamants. 11 faudra vous étudier à plaire à tous , et ne donner à diacun que peu d'espérance.

ALCIMHE.

Tous nos seigpienrs m'ennuieront en me parlant d'amour, parce que je n'aimerai jamais que celui que j'aime déjà.

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