CHAPITRE XXXIV
Histoire du ehristlanisrae, depuis la naissance da Christ jQsqu^à sa résuriection *.
Il existoit un peuple ha! des autres peuples ; nation esclave et cruelle , qui , hors un législateur, un roi et quelques poètes d'un beau génie, n'avoit Jamais produit ou seul grand homme. Le Dieu de Sinal étoit son Dieu. Ce n'étoit point, comme le Jupiter des Grecs , une divinité revêtue des passions humaines, maisun Dieu tonnant,
' Dès avant cette époque la philosophie avoit été connae à Rome, comme le montre Cioéton au commencement du quatrième livre des TiàMculunet, Il y parle d*un Amafanius qui écrivit de la philosophie, etforma une secte nombreuse. Mais je ne sais où on a pris que cet Amafenius enseignoit la doctrine d^Êpicure. Cicéron garde là-dessus un profond silence.
■ Voilà mon bon génie revenu an milieu de toutes mes folies.
(N. ÉD
^ Ce bon génie ne m*a pas conduit bien loin.
(N. ÉD
s Je ne marque point les dates , parce qu*eUes se trouvent i aux chapitres des phUosophes modernes. I
un Dieu sublime, qui, entre toutesles cités delà terre , choisit la ville de Jacob pour y être adoié.
Parmi ce peuple Juif, l'Étemel avoitdlt qu'une vierge, de la maison de David, écrasermt la tète du serpent, et enfanteroit un Homme-Dieu. Et ce* pendant les siècles.s'étoient écoulés, et Jérusalem gémissoit sous le Joug d'Auguste , et le grand mo* narque tant attendu n'avoit point encore pam.
Tout à coup le bruit se répand que le Sauveur a vu le Jour dans la Judée. Il n'est point né dans la pourpre, mais dans l'humble asile de l'indigenoe; il n'a point été annoncé aux grands et aux superbes, mais les anges l'ont révélé aux petits et aux simples ; il n'a point réuni autour de son berceau les heureux du monde , mais les infortu* nés ; et , par ce premier acte de sa vie , il s'est dé* daré de préférence le Dieu du misérable.
Si la morale la plus pure et le cœur leplustesdre, si une vie passée à combattre l'errear età soulager les maux des hommes, sont les attribots de laDivinité, qui peut nier celle de Jésus-Christt Modèle de toutes les vertus, l'amitié le voit en* dormi sur le sein de Jean, ou léguant sa mère à ce disciple chéri ; la tolérance l'admire avecattoi* drlssement , dans le Jugement de la femme adultère ; partout la pitié le trouve bénissant les pleurs de l'infortuné ; dans son amour pour les enfants, son innocence et sa candeur se décèlent ; la iores de son âme brille au milieu des tourments de la croix ; et son dernier soupir, dans les angoisses de la mort , est un soupir de miséricorde.