‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 26 sur 228 · COMMUNIQUÉES PAR S. EXC. M. BUNSEN · texte numérisé non relu

COMMUNIQUÉES PAR S. EXC. M. BUNSEN

Lt poème épique germanique connu sous le titre de Der tte/iM^e Nott c'est-à-dire « la fin tragique (ou les mal- ^) des Nibelongs, » doit sa forme actuelle à un des ^sûerspoëtesde la fin du douzième ou du commencement ^tieiztàne siècle : il n'est pas sûr que ce poète fût Wol- /raa von Eschenbach, selon l'opinion généiale , ou J/e/n- ^ ran Ofterdtngen , comme le croit M. Auguste Guil- ^^m de Schlegel.

Uaom de Nïhelungen est absolument ignoré. Le pays ^ ^ibtlungtn (ce qui parolt signifier pays des brouillards) Poivrait bien être la Morwége ; mais , dans le poëme , les ^^de la Boorgûgne sont eux-mêmes appelés les Nibe- «««901.

Les personnages historiques qui se trourent dans le poëme sont les suivants :

L Cinquième et sixième siècle.

1. Elzél: c'étoit le nom original d'Attila (545) comme l'a déjà remarqué Jean MùUer dans son Hisloire de la Sttisse (1,7, note 30). Ce nom signifie peut être le prince de la Wolga , car ce lleuve est appelé Etzel par les Tartares. Entre les- vassaux d'Etsel parolt le grand roi des OstrogoUis, Tiiéodoric (527), appelé dans le poème Dielrich de Bera ( Vérone). D'après l'histoire, il ne naquit que quatre ans avant la mort d'Attila. Le poème connolt encore Jren/rid, probablement Hermei\frid, roi deTburinge, qui avoit pour épouse la nièce de Théodoric; et le roi des Ostrogotbs, Vitiges, appelé Wittich (542).

2. A côté de ces personnages des cinquième et sixième siècles se trouve le margrave Rudiger de Peclilarn, personnage historique vivant vers la moitié du dixième siècle. Il étoit margrave du pays au-dessous de l'Eus (en Autriche),

Le poëme nomme Blodeh frère du roi des Huns, que l'histoire appelle Bleda,

3. Gunlher, roi des Bourguignons, résidante Worms, frère de Chriemhild, épouse de Sigfrid : Prosper Aquitanus a écrit ce qui suit en 431 :

a Gundicarium Bnrgundionum regem , intra Gallias ha- « bitaulem, Actius bello obUnuit, pacemque ei supplicanti « dédit ; qua non diu potitus est, siquidem illum Huni cum K populo suo ac slirpe deleverunt. »

Le nom du frère Giselher se trouve dans un document du roi Gundobald , de l'an 517, parmi les rois de Bourgogne. Parmi les chevaliers de sa cour, Volcher rappelle le nom de Talco , qui assassina ( en 577) Cliilperich par ordre de Bunhild, sa belle-sœur.

4. Sigfrid, l'Achille du poème, invulnérable comme le héros grec, à l'exception d'un seul endroit : Sigfrid, vainqueur des Nibelongs, d'un dragon et de la reine d'ijenland, l'amazone Brunhild , qui devUit épouse du roi Gunther et reine de Bourgogne. Son père, nommé Sigmunl, est roi des Pays-Bas (A't(ffr/anO > et réside à Santen, sur le Bas- Rhin.

Il est remarquable que le monument sépulcral du roi Siegbert (qui n'est qu'une autre manière d'écrire le même nom ) , élevé à Soissons , dans l'église de Saiot-Médard , que ce prince avoit bâtie, montre le dragon sous les pieds du roi. La vie de ce malheureux prince offre encore une ressemblance avec celle du héros du poëme, en ce qu'il vainquit, comme Sigfrid, les Saxons et les ]>anois, et qu'il fut assassiné (en 575) à rmsligation de sa belle-sœur Frédégonde, comme Sigfrid, par les suggestions de Brunhild. Siegbei t étoit roi d'Austrasie , dans laquelle se trouve Santen. Guntran, qui parolt être le même nom que Gunther ou GÙndar, étoit son frère. Enfin la femme de Siegbert s'appelle Brunehild, fille du roi des Visigotlis, Atanahild d'Espagne, qui fut assassinée en 613. La version de l'histoire du pocme, dans VEdda, nomme Sigurd (Sigfrid) le premier époux de Brunehild.

Voilà tous les personnages du poème : quelques-uns rappellent des noms, d'autres la vie et les faits d'iioromes illustres chez les Bourguignons , les Franks et les Gothsdes cinquième et sixième siècles, à l'exception du margrave Rudiger, qui appartient à un cercle postérieur du neuvième et du dixième siècle : je citerai maintenant les principaui noms historiques de ces deux derniers siècles.

IL Neuvième et dixième siècle.

Le poëme nomme les Russes qui paroissent sur la scène en 802 , les Hongrois et les Huns qui s'y montrent, d'aprèa l'opinion ancienne, en 900. Entre les personnages qui accueillent les Bourguignons lorsqu'ils se rendeat par la B^

ÉCLAIRCISSEMENTS

Tière et l'Autriche chez Attila, en Hongrie, se trouve l'évéque Pitigrin ou Pilgerin de Passait (en Bavière). C'est le grand aii^tre des Hongrois. Il fut éTÔque d*uiie partie de Hongrie et d'Autriche, depuis 971 jusqu'à 991. Les Bourguignons le trouvent à Passau : U y reçoit Chriemhild comme sa nièce,

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