‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 50 sur 228 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Sattê.

Tandis que les armées se composent , les prisons se remplissent de tous les propriétaires de la France. Ici , on les noie par milliers ' ; là, on ouvre les portes descachots pleins de victimes, et

*L8 paye est de trop : souvent leo soldat« républicaiiis étoient sans paye et sans vêtemeats. Les fortunes oulJtAires n'ont commencé que sous l'empire, (N. £d.)

■ A Sparte, lonqu^un premltr oomliai avoU été déMvaiitagrax , le général étolt obligé d*eD livrer un autre. (Xièno- FHON,/li»i de Gréée.)

' A riantes. ( Voyez leprocèê de Carrier» )

l'on y déchai^ du canon à mltralNe *. Le oouts* las des guillotines tombe jour et nuit. Ces ma« chines de destruction sont trop lentes au gréées bourreaux ; des artistes de mort en Inventent qui peuvent trancher plusieurs têtes d'unseulcoop*. Les places publiques inondées desangdeviennnt impraticables ; il faut changer le lieu des exéeations : en vain d'immenses carrières ont été oq» vertespour recevoir les cadavres, elles sonteomblées; on demande à en creuser de nouvelles K Vieillards de quatro*vingts ans, jeunes filles de seize, pères et mères, sœurs et firères , enftmts, maris, épouses, meurent couverts du sang lei uns des autres. Ainsi les Jacobins atteignent à la fois quatre fins principales, vers rétablissement de leur république : ils détruisent l'inégalité dn ranger, nivellent les fortunes , relèvent les finances par la confiscation des biens des condamnés, et s'attachent l'armée en hi berçant de respoirdi posséder un jour ces propriétés.

Cependant le peuple , qui n'est plus entrsteoi que de conspirations , d'invasion , de trablions, effrayé de ses amis même et se croyant sor uns mine toujours prête à sauter , tombe dans ons terreur stupide. Les Jacobins Tavolent prévu «. Alors on lui demande son pain, et II le donne; ion vêtement, et 11 s'en dépouille; sa vie, et il iaHvn sans rogret ^. Il voit au même moment se ktWÊt tous ses temples , ses ministres sacrifiés et ion ancien culte banni sous peine de mort ,^. On id apprend qull n*y a point de vengeance céleste S mais une guillotine ; tandis que par un jargon contradictoire et inexplicable , oo lui dit d'adonr les vertus , pour lesquelles on institue des féM où déjeunes filles vêtues de blanc et eomtmaéfli de roses entretiennent sa curiosité imbécile, ea chantant des hymnesen rhenneurdes dieux ?.Gs malheureux peuple, confondu, ne sait plusoQ il est , ni s'il existe. En vain il se oberehe dasi

' A Lyon.

* A Arras.

> Voyex les Me9$age$ à la Cowenikm,

* Les Jacobins o'avoient rien prévu : fis tooîsiiliMr

tuer. La révolution étoit un ooinbat enti« le passé et fa* venir : le champ de carnage étoit partout : on ne songeait qn'è triompher, sans s'inquiétar de ce que l'on feroit après la victoire. (N. Éd.)

* BéquIsiiioQs de Sparte.

^ Pour y subsUtuer le culte de la Grèce.

< L*aUiélsme de la Coovaotkw est bien eonno.

^ Imités de Lacédémone et de toute la Grèce. A Sparte, oa plaçoit la italtie de la MoK à oMé de aalte da SoaineU; ee qui a pu Inapieer aui laeobiDs l*idâe de PliMeripUoii qo'Hi voaloient graver sur les tmntieaaz s /a moH eU Nkm^ sommeiL ( Pausan. , lib. m , cap. xvui. )

AVANT J. C 845.r=179S.

Ètf

m mfâfûf» tnges, et il ne le retrouve ploe. B foit, dans on eoetame bisarre ', une nation Émagèie emr enr les plaees publiques. S'il ses Joors de fêtes ou de devoirs aeooat, d'autres appellations frappent son oreille. |ji Jour de repos a disparu. Il compte au moins fM le retour Axe de Tannée ramènera Tétat na« Uni des choses, et apportera quelque soulage- Motà tes maux : espérances déçues ! Gomme s*il Mteendamné pour Jamais à ce nouvel ordre de niière, des om^ ingnorés semblent lui dire que la révolution s'étend jusqu'au cours des astia; et dans cette teire de prodiges, il craint de s^mrao mllleudes rues de la capitale, dont il asneoBnoit plus les noms *.

Eb fliéme temps que tous ces changements dé- «gent la tète du peuple , les notions les plus (tasges viennent bouleverser son cœur. La ildé« Aédans le secret , la constance dans Tamitié , Tih mr de ses enfirots , le respect pour la religion, feules les choses que depuis son enfance il souioit Inir bonnes et vertueuses, ne sont, lui dit-on, qsede vains noms dont les tyrans se servent pour fsebsiner leurs esclaves. Un républicain ne doit iToir ni amour, ni fidélité , ni respect que pour Il patrie '. Bésolusd*altérer la nation jusque dans a «Mirce , les Jacobins , sachant que l'éducation ttt les hommes, obligent les citoyens à envoyer Icsn enfiinta à des écoles militaires , où on va les abreuver de fiel et de haine contre tous les autict gouvernements. Là, préparés par les jeux de LMMémone à la conquête du monde 4, on leur' Jpprend à se dépouiller des plus doux sentiments de la nature pour des vertus de tigres, qui ne ieir nourrissent que des cœurs d'airain.

Td éfeoit, ballotté entre les mains puissantes de cette faction , ce peuple infortuné , transporté tout à coup dans un autre univers , étonné des erhdes victimes et des acclamations de la victoire meotissant de toutes les frontières, lorsque Dieu, hisBant tomber un regard sur la France , fit rentnr ces monstres dans le néant ^•

' Le boBMt des homnn et la presque nudité des femiMs ■t «oeora originairemeot de Sparte , quok|tte J*eo donnerai AiSnsaicBpIcs. {Mwou.^ Mmell, Laem., llb. i,eap. &rn.)

' tes diangemeals des noms des rues, des mois, etc. , sont tf*^ flSMMii pour avoir besotn de notes.

* Id èrldmmeQt tonte la morale dp Lycargae pervertie et ffiée à leur rue. ( Voyez Pldt. , in Lycurg, )

* tes gyaioases. On sait que le caractère dominant de SpBiieéloItla haine des antres peuples et Tesprit d*ambfUon.

* Oii fliera.Toos vos frontières? » dlsolt-on à Ag&ilas.

• il bout de nos piques , » répondoit-il. Les François diront : « i la poiate de nos balonneUes. »

^ r4 tu tire de la minatte avec laqueUe les Francs ont

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