‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 5)Chapitre 197 sur 283 · SUITE · texte numérisé non relu

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Déeenbra isis.

Après avoir traité de l'histoire, il conviendroit de parler des sciences; mais nous manquons de ce courage , si commun aujourd'hui , de raisonner sur des choses que nous n'entendons pas. Dans la crainte àeprendre le Piréepaur un homme, nous nous abstiendrons. Néanmoins nous ne pouvons résister à l'envie de dire un mot d*un ouvrage de science que nous avons sous les yeux. Il est intitulé de PAuscuUation médiate. Au moyen d'un tube appllquéaux parties extérieures du corps, notre savant compatriote breton, le docteur Laênnec, est parvenu à reconnottre, ^ par la nature du bruitde la respiration , la nature des affections du cœur et de la poitrine. Cette i^lle et grande découverte fera époque dans l'histolrede l'art. Si Ton pouvoitinventer une machine pour entendre ce qui se passe dans la conscience des hommes, cela serolt bien utile dans le temps où nous vivons. « C'est dans son génie que le mé* « decin doit trouver les remèdes , » a dit un autre médecin dans ses ingénieuses Maximes; et l'ouvrage du docteur Laênnec prouve la Justesse de cette observation. Nous pensons aussi comme V Ecclésiastique y « que toute médecine vient de « Dieu , et qu'un bon ami est la médecine du « cœur. » Mais retournons aux choses de notre compétence.

M. de Ronald et M. l'abbé de la Mennais nous ont donné, dans le cours de cette année, le premier, des Mélanges philosophiques y politiques et lûiéraires; le second, des Réflexions sur. Pétai de P Église de France. Nommer ces deux bonmies supérieurs , c'est en faire l'éloge. Les royalistes, qui les comptent avec orgueil dans leurs rangs, les présentent à leurs amis et à leurs ennemis. Ils prouvent l'un et l'autre que les vrais talents sont presque toujours du côté de la vertu , et que la probité est une partie essentielle du génie.

On publie dans ce moment une édition complète des ceuvres de madame de Staël. Le temps

où l'auteur de Corinne sera Jugé avec impartialité n'est pas encore venu. Pour nous, que le talent séduit , et qui ne faisons point la guerre aux tombeaux , nous nous plaisons à reconnottre dans madame de Staël une femme d'un esprit rare : malgré les dé&uts de sa manière, elle ajoutera un nom de plus à la liste de ces noms qui ne doivent point mourir. Quand on a connu la fille de M. Necker, et toutes les agitations dont [ellerenn plissoit sa vie , combien on est frappé de la vanité des choses humaines 1 Que de mouvement, pour tomber dans un repos sans fin ! que de bruit pour arriver à l'éternel silence! Madame de Staël rechercha peut-être un peu trop le succès, qu'elle étoit faite pour obtenir sans se donner tant de peines. Fi de la célébrité, s'il faut courir après elle I Le bonhomme la Fontaine traita la gloire comme il conseille de traiter la fortune; il l'attendit en dormant , et la trouva le matin assise à sa porte.

Pour rendre madame de Staël plus heureuse et ses ouvrages plus parfaits, il eût suffi de lui 6ter un talent. Moins brillante dans la conversation , elle eût moins aimé le monde , qui fait payer cher le plaisir qu'il donne, et elle eût ignoré les petites passions de ce monde. Ses écrits n'aoroient point été entachés de cette politique de parti , qui rend cruel le caractère le plus généreux , faux le Jugement le plus sain , aveugle Tesprit le plus clairvoyant ; de cette politique qui donne de l'aigreur aux sentiments et de l'amertume au style, qui dénature le talent, substitue l'irritation de Tamour-propre à la chaleur de l'âme , et remplace les inspirations du génie par les boutades de l'humeur.

Ce n'est pas sans un sentiment pénible que nous retrouvons cette politique dans un dernier ouvrage de M. Ballanche. Cet ouvrage , qui n'est qu'un simple dialogue entre un vieillard et un Jeune homme , a quelque chose, dans le style et dans les idées , de calme , de doux et de triste. Le début rappelle celui de la République ou plutôt des Lois de Platon. Que l'auteur à*Antigone s'abandonne désormais à ses penchants naturels ; qu'il apprécie mieux les trésors qu'il possède, et qu'il répande dans ses écrits la sérénité, la candeur, la tranquillité de l'âme : Ofortunatos

sua si bona norint! Qu'il nous laisse à nous, tristes enfants des orages, le soin d'agiter ces questions d'où sortent à peine quelques vérités arides, vérités qui souvent ne valent pas les

IMUÊLANGSS LlTTÉftAIKES.

agréables mensongei d« oes romaiis doDt nous alloDS parler.

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