CHAPITRE IV
Projet de mariage entre Monseigneur le duc de Berry et la princesse Christine de Naples. Le prince va en Italie.
Ce mélange de combats et de voyages, ces relations avec toutes sortes de peuples et toutes sortes d'hommes, avoient formé le caractère et l'esprit de M*"^ le duc de Berry; il parloit avec facilité la plupart des langues de l'Europe, et les épreuves de sa vie proraettoient à la France un grand monarque.
Le roi avoit pensé pour son neveu à un mariage : il avoit jeté les yeux sur la famille royale de Naples. M. le chevalier de Vernègues avoit donné la première idée de cette union, et avoit été chargé de la
suivre; ensuite M. le comte de Chastellux reçut dcvS instructions à ce sujet : celui-ci, attaché à madame Victoire, avoit été nommé après la mort de cette princesse ^ ministre plénipotentiaire de Louis XVIIl à la cour de Sicile. Des lettres-patentes, en date de Mittau, donnèrent pouvoir au comte de Chastellux de consentir, au nom de Sa Majesté, au mariage de M»*^ le duc de Berry avec madame Christine, princesse de Naples.
M»' le duc de Berry, accompagné du comte de Damas-Crux, du chevalier de Lageard et du marquis de Sourdis, partit de Lintz pour Clagenfurth, où se trouvoit la princesse sa mère , MADAME : de là il se rendit à Palerme. L'armée de Condé devoit passer en Italie, s'embarquer à Livourne, et faire une descente en Provence, où les royalistes avoient un parti.
M°' le duc de Berry plut à la cour. Son mariage avec la princesse Christine fut à peu près arrangé. Il reçut un traitement de 25 mille ducats, que les malheurs du temps ne tardèrent pas à lui enlever. La reine de Naples, les princesses ses filles et le prince Léopold ayant quitté la Sicile pour faire un voyage à Vienne, M^"" le duc de Berry alla à Rome, avec dessein de servir dans le corps napolitain qui occupoit la ville deg Césars.
' li) septembre 1800.