ACTE I, SCÈNE XII. aoS
1RÀMI»TB.
Je n^hësite point non plus à vous donner ma confiance. Voici ce que c'est; on veut me marier avec monsieur le comte Dorimont , pour éviter un grand procès que nous aurions ensemble au sujet d'une terre que je possède.
DOElZITE.
Je le sais , madame ; et j'ai le malheur d*avoir dëplu tout à l'heure là-dessus à madame Argante.
A&AXIlfTE.
Eh ! d'où vient ?
nORAKTE.
C'est que si , dans votre procès , vous avez le bon droit de votre côté, on souhaite que je vous dise le contraire, afin de vous engager plus vite à ce maôage; et j'ai prié qu'on m'en dispensit.
▲ BÀXINTE.
Que ma mère est frivole ! Votre fidëlitë ne me sur- j prend point-, j'y comptais. Faites toujours de même , et ne vous choquez point de ce que ma mère vous a dit. Je la désapprouve. A-t-elle tenu quelque discours désagréable ?
DORANTE
Il n'importe, madame ; mon zèle et mon attache- ] ment en augmentent *, voilà tout.
▲ramirte.
Et voilà pourquoi aussi je ne veux pas qu'on vous chagrine, et j'y mettrai bon ordre. Qu'est-ce que
ao4 L£S FAUSSES CONFIDENCES,
cela signifie ? Je me tacherai, si cela continue. Comment donc? vous ne seriez pas en repos! On aura de mauvais procédés avec vous , parce que vous en avez d'estimables \ cela serait plaisant !
DORÀHTB.
Madame, par toute la reconnaissance que je vous dois , n'y prenez point garde. Je suis confus de vos bontés , et je suis trop heureux d'avoir été querellé.
AEÀHIZITB.
Je loue vos sentimens. Revenons à ce procès dont il est question, si je n'épouse point monsieur le comte.