‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 2)Chapitre 148 sur 314 · ACTE H, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE H, SCENE IX

LE COMTE

Ce qu'il y a de certain , c'est un portrait de femme; et o est ici qu'on vient chercher la personne qui Fa fait faire, à qui on doit le rendre^ et ce n'est pas moi.

HàRTOir.

D'accord. Mais quand je vous dis que madame n'y est pour rien, ni vous non plus.

•ARAVINTE.

Eh bien ! si vous êtes instruite , dites-nous donc de quoi il est question ^ car je Veux le savoir. On a des idé€9 qui ne me plaisent point] Parlez.

, Opi^ ceci a un air de mystère qui est désagréable. Il ne faut pourtant pasivous fâcher^ ma fiUe. Monsieur le comte vous aime^^et un peu de jalousie, même in*juste , ne messied pas à un amant.

LE COMTE

Je ne suis jaloux que de l'inconnu qui ose se donner le plaisir d'avoir le portrait de madame.

ARÀMinTE, vireneat.

Comme il vous plaira, monsieur; mais j'ai entendu ce que vous vouliez dire, et je crains un p^u ce caractère d'esprit-là. £h bien, Marton?

MARTOir.

Eh bien , madame , voilà bien du bruit ! c'est mon portrait.

LE COMTE

Votre portrait ?

a34 LES FAUSSES CONFIDENCES,

MAUTON.

Oui, le mien. Eh! pourquoi non, s'il vous plait? Il ne £aut pas. tant se récrier.

M^ ARGAWTE.

Je suis assez comme monsieur le comte v 1a chose

me parait singulière.

xAatos».

Ma foi, madame, sans vanité, on en peint tous les jours, et des plus hupées, qui ne me valent pas.

ÂBAMIUTB.

Et qui est-ce qui a fait cette dépense-là pour vous?

MAATOZf.

Un très * aimable homme qui m'aime, qui a de la délicatesse et des sentimens , et qui me recherche ; et puisqu^il faut vous le nommer , c'est Dorante.

ARAMIlfTS.

Mon intendant?

MARTOir..

Lui-même.

Le fat, avec ses sentimens!

AAAXXNTE, bnuqnemeot.

Eh ! vous nous trompez. Depuis qu'il est ici, a-t-il eu le temps de vous faire peindre?

HAKTOZf.

Mais, ce n'est pas d'aujourd'hui qu'il me connaît.

AU A MIN TE, viv0inenl.

Donnez donc.

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