ACTE III, SCENE VI
]tf. REMY.
Courage !
m"* ARGÀNTE, virement/
Paix j vous avez assez parlé. (A Araminte.) Je n'ai point dit que son neveu fat un fripon. Il ne serait pas impossible qu'il le fût ^ je n'en serais pas étonnée.
M. REMY
Mauvaise parenthèse ^ avec votre permission \ supposition injurieuse et tont-à-fait hors d'œuvre.
m"* àrgante.
Honnête homme , soit ^ du moins n'a-t-on pas encore de preuve du contraire , et je veux croire qu il Test. Pour impertinent et très-impertinent, j'ai dit qu'il en était un, et j'ai raison. Vous dites que vous le garderez \ vous n'en ferez rien.
ARAMINTE, froulemcnt.
Il restera , je vous assure.
m"* argante.
Point du tout ^ vous ne sauriez. Seriez- vous d'humeur à garder un intendant qui vous aime ?
u. R E ICx .
Eh ! à qui voulez-vous donc qu'il s'attache? A vous , à qui il n'a pas affaire ?
ARAMINTE
Mais, en effet, pourquoi faut-il que mon intendant
me haïsse ?
m"* argante.
Eh ! non •, point d'ëqaivoquQ. Quand je vous dis 5. 18
5,74 LES FAUSSES ONFIDENCES,
qu il vous aime , j'entends qu'il est amoureux de vous , en bon français j qn'ij est ce qu cm appelle amoureux ; qu'il soupire pour vous ^ que vous êtes l'objet secret de sa tendresse.
Dorante ?
ARAMIKTE^ riant.
L'objet secret de sa tendresse ! Oh ! oui , très-secret , je pense. Ah ! ah ! je ne me croyais pas si dangereuse à voir. Mais dès que vous devinez de pareils secrets , que ne devinez-vous que tous mes gens sont comme lui ? Peut - être qu'ils m'aiment aussi ; que sait - on ? Monsieur Remy, vous qui me voyez assez souvent, j'ai envie de deviner que vous m'aimez aussi.
M. REM Y
Ma foi, madame, à l'âge de mon neveu, je ne m'en tirerais pas mieux qu'on dit qu'il s'en tire.
m"" argamtk.
Ceci n'est pas matière à plaisanterie, ma fille. U n'est pas question de votre monsieqr Remy -, laissons là ce bonhomme, et traitons la chose un peu sérieusement. Vos gens ne vous font pas peindre ; vos gens ne se mettent point à contempler vos portrsdt^ ; vos gens n'ont point l'air galant , la mine donoereose*
M. REMY, à Araminte.
J'ai laissé passer le bonhomme à cause de vous, au moins ^ mais le bonhomme est quelquefois bfotal.
ARAMINTE
En vérité, ma mècf , vous seriez la première à vous