‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 2)Chapitre 186 sur 314 · ACTE III, SCÈNE XII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE XII

de vrai que ma passion , qui est infinie , et que le portrait que j*ai fait. Tous les incidens qui sont arrivés , partent de l'industrie d'un domestique qui savait mon amour, qui m'en plaint, qui, par le charme de l'espérance , du plaisir de vous voir, m'a , pour ainsi dire , forcé de consentir à son stratagème \ il voulait me faire valoir auprès de vous. Voilà , madame , ce que mon respect, mon amour et mon caractère ne me permettent pas de vous cacher. J'aime encore mieux regretter votre tendresse que de la devoir à l'artifice qui me l'a acquise. J'aime mieux votre haine que le remords d'avoir trompé ce que j'adore.

ÀRÀMIIITE, le regardant quelque temps sana parier.

Si j'apprenais cela d'un autre que de vous , je vous haïrais sans doute ; mais l'aveu que vous m'en faites vous-même , dans un moment comme celui-ci , change tout. Ce trait de sincérité me charme , me paraît incroyable { et vous êtes le plus honnête homme du monde. Après tout^ puisque vous m'aimez véritablement, ce que vous avez fait pour gagner mon cœur n'est point blâmable. U est permis à wi amant de chercher les moyens de plaire, et on doit lui par<donner lorsqu'il a réussi.

Quoi ! la charmante Âraminte daigne me justifier!

Voici le comte avec ma mère; ne dites mot, et laissez-moi parler.

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29a LES FAUSSES CONFIDENCES,

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