‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 2)Chapitre 220 sur 314 · X. ORGON · texte numérisé non relu

X. ORGON

Ne sais-tu pas que je dois jouer avec ton maître ?

Ah! jouer. Cela vous plaît à dire-, ce sera lui qui jouera ^ tout le hasard sera de son côté , toute la fortune du vôtre : vous ne jouez pas , vous^ vous ga« gnez.

LE GBEVÀLICR.

Cest peut-être son banquier qui Fa remis.

PASQUin.

Oh ! non , monsieur ; il a la somme comptée en bel et bon or; je Tai vue : ce sont des louis tout frais battus , qui ont une mine. . . . (i pan.) Quel appétit je lui donne! (HaDt.)Et vous, monsieur le chevalier, étesvous bien riche?

LE CHEVALIER

Pas mal^ et, suivant ta prédiction, je le serai encore davantage.

Non. Je viens de tirer votre horoscope, et je m'étais trompé tantôt : mon maître perdra peut-être, mais vous ne gagnerez point.

LE CHEVALIER

Qu'est*ce que tu veux dire ?

PASQtJIN.

Je ne saurais vous l'expliquer ; les astres ne m'en ont pas dit davantage ; ce qu'on lit dans le del est écrit en si petit caractère !

LE CHEVALIER

Et tu n'es pas , je pense , un grand astrologue.

pasquiiv.

Vous verrez, vous verrez. Tenez, je déchiffre encore qu'aujourd'hui vous devez rencontrer sur votre chemin un fripon qui vous amusera , qui se moquera de vous , et dont vous serez la dupe.

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