‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 2)Chapitre 229 sur 314 · SCENE r · texte numérisé non relu

SCENE r

FROWTXW.

Je dis : Que pensez-vous de ma figure ?

LISETTE

De votre figure ? mais est-ce que vous en avez une? je ne la voyais pas ; auriez-vous par hasard dans Tesprit que je songe à vous?

FHOKTIN.

Cest que ces accidens-Ià me sont si familiers.

LISETTE, riant.

Ah ! ah ! ah ! vous pouvez vous vanter que vous êtes pour moi tout comme si vous n'étiez pas au monde. Et moi, comment me trouvez -vous K mon tour?

FROIfTIN.

Vous venez de me voler ma réponse.

Tout de bon ?

FRONTIlf.

Vous êtes jolie, dit-on.

LISETTE

Le bruit en court.

FRONTIN

Sans ce bruit-là, je n'en saurais pas le moindre mot.

LISETTE , joyeuM.

Grand-merci ! vous êtes mon homme ^ voilà oe que je demandais.

FRONTIH , iojenz.

Vous me rassurez , mon mérite m'avait fait peur.

LISETTE, mot.

On appelle cela avoir peur de son ombre.

FROHTIH.

Je voudrais pourtant de votre part quelque chose de plus sûr que TindifTërence ; il serait à souhaiter* que vous aimassiez ailleurs.

LISETTE

Monsieur le fat , j'ai votre affaire. Dubois , que monsieur Dorante a laissé à Paris , et auprès de qui vous n êtes qu un magot , a toute mon inclination; prenez seulement garde à vous.

FRONTIN

Marton , l'incomparable Marton , qu'Àraminte n'a pas amenée avec elle , et devant qui toute soubrette est plus ou moins guenon , est la souveraine de mon cœur.

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