SCÈNE III
quitte, dites -moi , je vous prie, à quoi vous révez tant \ serait-ce à moi par hasard ?
ERGÂSTE.
Non, madame.
ahamihte.
Est-ce à la marquise?
eugàste.
Oui, madame.
AHAMINTB.
Vous Taimez donc ?
ERGÂSTE.
Beaucoup.
AEAMIUTE.
Et le sait-elle ?
ERGASTE
Pas encore^ j'ai différé jusqu'ici de le lui dire..
ARAMINTE
Ergaste , entre nous , je serais fondée à vous appeler infidèle.
ERGASTE
Moi , madame ?
ARAMINTE
Vous-môme ; il est certain que vous m'aimiez avant de venir ici.
ERGASTE
Vous m'excuserez, madame.
ARAMINTE
3'avoue que vous ne me l'avez pas dit; mais vous avez eu des empressemens pour moi ; ils étaient même fort vifs.
38o LES SINCERES,
SRGÂSTE-.
Cela est vrai.
▲ RAMIlfTE.
Et si je ne vous avais pas amené chez la marquise , vous m^aimeriez actuellement.
Je crois que la chose était immanquable.
A.&AHI1ÎTK.
Je ne vous blâme point; je a'ai riea à disputer à la marquise, elle l'emporte sur moi.
ERGASTE
Je ne dis pas cela \ votre figure ne le cède, pas à la sienne.
ARAMINTE
Lui trouvez-vous plus d*esprit qu à moi ?
ERGASTE
Non ; vous en avez pour le moins autant qu'elle.
ARAMIIÎTE.
En quoi me la préférez- vous donc? ne m^cn faites point mystère.
ERGASTE
Cest que, si elle vient à m'aimer, je m'en fierai plus à ce qu'elle me dira qu'à ce que vous m'auriez dit.
ARAMIZfTE.
Comment ! me croyez-vous fausse ?
ERGASTE
Non ; mais vous êtes si gracieuse , si polie !