‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 2)Chapitre 236 sur 314 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

quitte, dites -moi , je vous prie, à quoi vous révez tant \ serait-ce à moi par hasard ?

ERGÂSTE.

Non, madame.

ahamihte.

Est-ce à la marquise?

eugàste.

Oui, madame.

AHAMINTB.

Vous Taimez donc ?

ERGÂSTE.

Beaucoup.

AEAMIUTE.

Et le sait-elle ?

ERGASTE

Pas encore^ j'ai différé jusqu'ici de le lui dire..

ARAMINTE

Ergaste , entre nous , je serais fondée à vous appeler infidèle.

ERGASTE

Moi , madame ?

ARAMINTE

Vous-môme ; il est certain que vous m'aimiez avant de venir ici.

ERGASTE

Vous m'excuserez, madame.

ARAMINTE

3'avoue que vous ne me l'avez pas dit; mais vous avez eu des empressemens pour moi ; ils étaient même fort vifs.

38o LES SINCERES,

SRGÂSTE-.

Cela est vrai.

▲ RAMIlfTE.

Et si je ne vous avais pas amené chez la marquise , vous m^aimeriez actuellement.

Je crois que la chose était immanquable.

A.&AHI1ÎTK.

Je ne vous blâme point; je a'ai riea à disputer à la marquise, elle l'emporte sur moi.

ERGASTE

Je ne dis pas cela \ votre figure ne le cède, pas à la sienne.

ARAMINTE

Lui trouvez-vous plus d*esprit qu à moi ?

ERGASTE

Non ; vous en avez pour le moins autant qu'elle.

ARAMIIÎTE.

En quoi me la préférez- vous donc? ne m^cn faites point mystère.

ERGASTE

Cest que, si elle vient à m'aimer, je m'en fierai plus à ce qu'elle me dira qu'à ce que vous m'auriez dit.

ARAMIZfTE.

Comment ! me croyez-vous fausse ?

ERGASTE

Non ; mais vous êtes si gracieuse , si polie !

Page 1