ARAMINTE, LA MARQUISE, DORANTE
ARAMIHTE, cnrianl.
Marquise , je viens rire avec vous d'un discours sans jugement , qu'un valet a tenu et dont je sais que vous êtes informée. Je vous dirais bien que je le désavoue*, mais je pense qu'il n'en est pas besoin. Vous me faites apparemment la justice de croire que je me
connais, et que je sais à quoi m*en tenir sur pareille folie.
De grâce , permettez - moi d'écrire un petit billet qui presse; il n'interrompra point notre entretien.
AEAMinTE.
Que je ne vous gène point.
LA MARQUISE, ëcrÎTant.
Ne parlez-vous pas de ce qui s'est passé tantôt devant vous , madame?
AEAMINTE.
De cela même.
Eh bien ! il n'y a plus qu'à vous félidter de votre bonne fortune. Tout ce qu'on y pourrait souhaiter de plus, c'est qu'Ergaste fût un meilleur juge.
• ARAMINTE
C'est donc par modestie que vous vous méfiez de son jugement) car il vous a traitée plus favorablement que moi \ il a décidé que vous plaisiez davantage, et je changerais bien mon partage contre vous.
Oui-dà;je sais qu'il vous trouve régulière, mais point touchante ; c'est- à- dire , que j'ai des grâces et vous des traits ^ mais je n'ai pas plus de foi à mon partage qu'au vôtre; je dis le vôtre (eiie w Ut* «pràt avo&r pUtf MO ]»iu«o, parce qu'entre nous nous savons que nous ne sommes belles ni l'une ni l'autre.
SCtNE XVIII. 4'23
▲RAXINTE.
Je croirais assez la moitié de ce que vous dites.
LÀ MARQUISE, pUiMoUnt.
La moitié!
DORANTE ,\les interrompaal.
Madame , vous faut-il quelqu^un pour donner votre billet ? souhaitez-vous que j^appelle?
LÀ MARQUISE, k Araminte.
Non ; je vais le donner moi-même ; pardonnez si je vous quitte, madame^ j'en agis sans façon.