SCENE IV
LISETTE
Voilà qui est particulier. Ne recherchez «vous pas Angélique ?
Ça est itou conclu.
LISETTE
Plus je rêve , et plus je m'y perds.
m"* BLAISEI
Faut que vous vous y perdiais.
LISETTE
Mais pourquoi me trouver si agréable ? Par quel accident le remarquez - vous plus qu'à Tordinaire ? Jusqu'ici vous n'avez pas pris garde si je l'étais ou non. Croirai-je que vous êtes tombé subitement amoureux de moi ? Je ne vous en empêche pas.
M* BLAlSEf f ite el vÎTement.
Je ne dis pas que je vous aime.
LISETTE
Que dites* vous donc ?
M* BLAISE
Je ne vous dis pas que je ne vous aime point ^ ni l'un ni l'autre ^ vous m'en êtes témoin. J'ons donné ma parole, je marche droit en besogne, voyez* vous! Il n'y a pas à rire à ça, je ne dis rin ; mais je pense, et je vais répétant que vous êtes agriable !
LISETTE, étonnée , le regardant.
Je vous regarde à mon tour. Si je ne me figurais pas
que vous êtes timbré , en vëritë , je soupçonnerais que vous ne me haïssez pas.
M* BLAISE
Oh ! soupçonnez , croyez , persuadez - vous -, il n^ aura pas de mal, pourvu qu'il n'y s^it pas de ma faute, et que ça vienne de vous toute seule, sans que je vous aide.
Qu'est-ce que cela signifie?
M* BLAISE
Et mémement, à vous permis de m'aimer, par exemple -, j'y consens encore. Si le cœur vous y porte , ne vous retenez pas ^ je vous lâche la bride Jà-dessus; il n'y aura rian de pardu.
LISETTE
Le plaisant compliment ! Eh ! quel avantage en tirerais-je ?
M* BLAISE
Oh ! dame , je sis bride ^ mais ce n'est pas comme vous ^ je ne saurais parler pus clair. Voici venir Angélique. Laissez-moi li toucher un petit mot d'affection , sans que ça empêche que vous soyez gentille.
LISETTE
Ma foi , votre tête est dérangée , monsieur Biaise -, je n'en rabats rien.