‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 2)Chapitre 285 sur 314 · LISETTE, ANGÉLIQUE · texte numérisé non relu

LISETTE, ANGÉLIQUE

ANGÉLIQUE

Heureusement , je ne crains pas son amour. Quand il me demanderait à ma mère, il n*en sera pas plus avancé.

LISETTE

Lui ! c'est un conteur de sornettes , qui ne convient pas à une fille comme vous.

ANGÉLIQUE

Je ne l'écoute pas. Mais dis-moi , Lisette, monsieur Lucidor parle donc sérieusement d'un mari ?

46o L'ÉPREUVE,

LISETTE

Mais d'an mari .distingaé^ d'un établissement cod* sidërable.

ANGÉLIQUE

Très-considërable , si c'est ce que je soupçonne.

Eh ! que soupçonnez^vous ?

ANGÉLIQUE

Oh ! je rougirais trop, si je me trompais.

LISETTE

Ne serait - ce pas lui , par hasard , que vous vous imaginez être Thomme en question , tout grand seigneur qu'il est par ses richesses ?

ANGÉLIQUE

Bon , lui ! je ne sais pas seulement moi - même ce que je veux dire. On rêve , on promène sa pensée, et puis c'est tout. On le verra , ce mari ; je ne l'épouserai pas sans le voir.

LISETTE

Quand ce ne serait qu'un de ses amis, ce serait toujours une grande affaire. A propos , il m'a recommandé d'aller l'avertir, quand vous seriez venue ; et il m'attend dans l'allée.

ANGÉLIQUE

Eh ! va donc. A quoi t'amuses - tu là ? Pardi ! tu fais bien les commissions qu'on te donne ! Il n'y sera peut-être plus.

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