ACTE I, SCENE II. 8i
ce sont toujours de nouvelles qualités que je lui découvre,
LISETTE
Allons, madame, il faut que vous épousiez cet homme-là ; le ciel vous destine Fun à Taùtre, cek est visible. Rappelez • vous votre aventure. Nous nous promenons toutes deux dans les allées de ce bois. U y a mille autres endroits pour se promener : point du tout ; cet homme , qui nous est inconnu , ne vient quà celui-ci, parce quil faut qu'il nous rencontre^ Qu'y faisiez - vous ? Vous lisiez. Qu'y faisait -il? Il lisait. T a*t-il rien de plus marqué ?
ARGÉLIQUE.
Effectivement.
LISETTE
il vous salue, nous le saluons ; le lendemain; même promenade , mêmes allées , même rencontre , même incUnatioù des deux côtés , et plus de livres de part et d'autre ; cela est admirable !
ANGÉLIQUE
Ajoute que j'ai voulu m' empêcher de Taimer , et que je n'ai pu en venir à bout.
LISETTE
Je vous en défierais*
▲ 9GÉLIQUÉ.
u n'y a plus que ma mère qui m'inquiète ^ cette mère qui m'idolâtre , qui ne m'a jamais fait sentir que son amour, qui ne veut jamais que ce que je veux. 5. 6
8a LA MÈRE CONFIDENTE,
LISETTE
Bon ! c'est que vous ne voulez jamais que ce qui lui plaît.
ANGÉLIQUE
Mais si elle fait si bien -que ce qui hii platt me plaise aussi , n'est-ce pas comme si je faisais toujours mes volontés ?
LISETTE
Est* €6 que vous tremblez déjà ?
AirôÉLIQUE.
Non , tu m^encourages ; mais c'est ce misérable bien que j'ai et qui me nuira. Ah ! que je suis fîichée d'être si riche!
Âh! le plaisant chagrin! Eh! ne l'êtes -vous pas pour vous deux ?
AlIGÉLIQUE.
Il est vrai. Ne le verrons -nous pas aujourd'hui? Quand reviendra - 1 - il ?
LISETTE regarde w moDtrt.
Attendez , je vais vous le dire.
ANGÉLIQUE
Gomment! est-ce que tu lui as donné rendez-vous?
LISETTE
Oui; il va venir y il ne tardera pas deux minutes \ il est exact.
ANGÉLIQUE
Vous n'y songez pas , Lisette ; il croira qae c'est moi qui le lui ai fait donner.