ACTE III, SCÈNE IV. i5i
BRGASTE.
Et dans quelle disposition est-elle là-^dessus ?
DORANTE
Elle est au désespoir! Et dit -on quel homme est ce rival?
EEG48TE.
Je lé connais ^ c'est un honnête homme.
dorâhte.
Il faut du moins qu*il soit bien peu délicat, s'il épouse une fille qui ne pourra le souiTrir^ et puisque TOUS le connaissez, monsieur, ce serait en vérité lui rendre service, aussi bien qu'à moi, que de lot apprendre combien on le hait d'avance.
Mais on prétend qu'il s'en doute un peu.
DORÀMTE.
Il s'en doute et ne se retire pas! Ce n'est pas là un homme estimable. «
ERGASTE
Vous ne savez pas encore le parti qu'il prendra.
DORANTE
Si Angélique veut m'en croire, je ne le craindrai
plus*, mais, quoiqu'il arrive, il ne peut Fépouser qu'en m'ôtant la vie.
ERGASTE
Du caractère dont je le connais , je ne crois pas qu'il voulût vous ôter la vôtre , ni que vous fussiez
i52 LA MERE CONFIDENTE,
d'humeur à attaquer la sienne ; et si vous lui disiez poliment vos raisons , je suis persuadé qu'il y aurait égard. Voulez-vous le voir?
DORANTE
C'est risquer beaucoup. Peut-être avez - vous meilleure opinion de lui qu'il ne mérite. S'il allait me trahir? Et d'ailleurs, où le trouver?
ERGÀSTE.
Oh ! rien de plus aisé; car le voilà tout porté pour vous entendre.
DORANTE
Quoi ! c'est vous , monsieur ?
Vous l'avez dit, mon neveu.
DORANTE
Je suis confus de ce qui m'est échappé ; et vous avez raison , votre vie est bien en sûreté.
ERGÀSTE. ^
La vôtre ne court pas pluà de hasard, comme vous voyez.
DORANTE
Elle est plus à vous qu'à moi ; je vous dois tout , et je ne dispute plus Angélique.
ERGÀSTE.
L'attendez-vous ici ?
DORANTE
Oui, monsieur; elle doit y venir ; mais je ne la ver-