ACTE II, SCÈNE XI. au
nom de marquis y est répété deax fois , et on y signe la comtesse pour tout nom ; ce cpii pourrait convenir à Dorimène.
ROSIMOND, àVronim.
Eh bien ! qu'en dis-tu ? Nous rendras-tu raison de ce que cela veut dire ?
FRONTIN
Mais, oui, je me souviens du marquis dan^ cette lettre \ elle est, dites-vous , signée la comtesse? Oui, monsieur , c'est cela même , comtesse et marquis ; voilà Thistoire.
LE COMTE, riant.
Eh ! eh ! eh ! Je ne savais pas que Frontin fut un marquis déguisé , ni qu'il fût en commerce de lettres avec des comtesses.
LÀ MARQUISE
Mon fils , cela ne parait pas naturel.
ROSIMOND, à Frontin.
Mais , te plaira-t^il de t'expliquer mieux ?
FRORTIK.
Eh! vraiment oui , il n'y a rien de si aisé j on m'y appelle marquis , n'est-il pas vrai ?
LE COMTE
Sans doute.
FROHTm.
Ah! lafoUe! On y signe comtesse?
LA MARQUISE
Eh bien ?
FROUTIN.
Ah ! ah ! ah ! l'extravagante !
3ia LE PETIT-MAITRE CORRIGÉ,
ROSIMOND.
De qui parles-tu?
FRONTIN
D'une étourdie que vous connaissez , monsieur ^ de Lisette.
LA MARQUISE
De la mienne ? de celle que j'ai laissée à Paris ?
FRONTIN
D'elle-même.
LE COMTE, mut.
Et le nom de marquis , d'où te vient-il ?
De sa grâce \ je suis un marquis de la promotion de Lisette , comme elle est comtesse de la promotion de Frontin, et cela est ordinaire. (An comte.) Tenez, monsieur, je connais un garçon qui avait l'bonneur d'être à vous pendant votre séjour à Paris, et qu'on appelait familièrement monsieur le comte. Vous étiez le premier, il était le second. Cela ne se pratique pas autrement) voilà Fusage parmi nous autres subalternes de qualité, pour établir quelque subordination entre la livrée bourgeoise et nous; c'est ce qui nous distingue.
ROSIMOND.
Ce qu'il vous dit est vrai.
LE COMTE, riant.
Je le veux bien ; tout ce qui m'inquiète , c*est que ma fille a vu cette lettre ; elle ne m'en a pourtant pas paru moins tranquille ; mais elle est réservée, et j'aurais peur qu'elle ne crut pas l'histoire des promotions de Frontin si aisément.