‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 3)Chapitre 161 sur 333 · ACTE III, SCÈNE VI. a · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VI. a

DORIMiNE.

Eh ! point du tout ^ nous avons pense nous querel* 1er là-dessus à cause de la répugnance que j'y avais ; il n'a pas même voulu que je fusse présente à votre entretien. Il est vrai que le motif de son obstination est si tendre, que je me serais rendue; mais j'accours pour vous prier de laisser tout là. Je viens de rencontrer la marquise, qui m'a saluëe d'un air si glacé , si dédaigneux , que voilà qui est fait ; abandonnons ce projet ; il y a des moyens de se passer d'une cérémonie si désagréable ; elle me rebuterait de notre mariage.

ROSIMOVD.

Il ne se fera jamais, madame.

DORIMÈRE.

Vous êtes un petit emporté.

HORTENSE

Vous voyez , madame , jusqu'où le dépit porte un cœur tendre.

DORIMÈNE

C'est que c'est une démarche si dure, si humiliante !

Elle est nécessaire ; il ne serait pas séant de vous marier sans l'aveu de madame la marquise , et nous allons agir mon père et moi , s'il ne l'a déjà fait.

ROSIMOND.

Non , madame , je vous prie très-sérieusement qu'il ne s'en mêle point , ni vous non plus.

DORIMÈNE

Et moi , je vous prie qu'il s'en mêle , et vous aussi ,

Hortense. Le voici qui vient, je vais lui en parler moi-même. Êtes-vous content, petit ingrat? Quelle complaisance il faut avoir !

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