LÉ PI SE
Quelquefois pourtant nombre de gens ont eslim*^ que j'étais un garçon assez revenant ; mais nous y retournerons ; c'est partie à remettre. Écoulez le restant. 11 est certain que mon maître distingue tendrement votre maîtresse. Aujourd'hui même il m'a confié qu'il méditait de vous communiquer ses senlimens.
LISETTK.
Comme il lui plaira. La réponse que j'aurai l'honneur de lui communiquer sera courte,
LÉPl WE.
Remarquons d'abondance que la comtesse se plait avec mon maître, qu'elle a l'âme joyeuse en le voyant. Vous me dire» que nos gens sont d'étranges personnes, et je vous l'accorde. Le marquis, hoQime tout simple, peu hasardeux dans le discours, n'osera jamais aventurer la déclaration ; et des déclarations, la comtesse les épouvante ; femme qui néglige les complimens, qui vous parle entre l'aigre et le doux, et dont l'entretien a je ne sais quoi de sec , de froid , de purement raisonnable. Le moyen que l'amour puisse être mis en avant avec cette femme ! 11 ne sera jamais à propos de lui dire , je vous aime , it moins qu'où ne le lui dise à propos de rien. Cette matière , avec elle, ne peut tomber que des nues. On dit qu'elle traite l'amour de bagatelle d'enfant; moi, je prétends qu'elle
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a pris goût à celte enfance. Dans cette conjoncture^ j'opine qae nous encouragions ces deux personnages. Qu'en sera -t- il? Quils s'aimeront bonnement, en toute simplesse, et qu'ils s'épouseront de même. Qu'en sera-t-il ? Qu'en me voyant votre camarade, vous me rendrez Votre mari par la douce habitude de me voir. Eh donc ! parlez , ête»-vous d'accord ?
LISETTE
Non,
LilPiNB.
Mademoiselle, est-ce mon amour (jui vous dëplait?
LISETTE
Oui.
LÉPIKK.
En peu de mois vous dites beaucoup \ mais coosidërez l'occurrence. Je vous prédis que nos maîtres se marieront ^ que la commodité vous tente.
LISETTE
Je vous prédis qn'ils ne se marieront point. Je ne veux paS) moi. Ma maîtresse , comme vous dites fort liabilement, tient l'amour au-dessous d'elle; etj'auoni soin de l'entretenir dans cette humeur, attendu qu'il n'est pas de mon petit intérêt qu'elle se marie. Ma conditi<m n'en serait pas si bonne , entendez-vous ? Il nY a point d'apparenoe que la comtesse y gagne, et moi j'y perdrais beaucoup. J'ai fait un petit calcul là-dessus, au moy<în duquel je trouve que tous vos arrangemens me dérangent, et ne valent rien» Ainsi, quelque jolie que je sois , continuez de n'en rien voir ;