‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 3)Chapitre 202 sur 333 · LE CHEVALIER, HORTENSE, LE MARQUIS · texte numérisé non relu

LE CHEVALIER, HORTENSE, LE MARQUIS

LA COMTESSE

LE MARQUIS

VouLEz-vous bien revenir ? J'ai un petit mot à vous communiquer.

De quoi s'agit-U donc ?

2g8 LE LEGS,

LE CHEVALIER

Vous me rappelez aussi; dois -je en tirer un boa augure ?

HORTE9SE.

Je croyais que vous alliez écrire.

LE MARQUIS

Rien n'empêche. Mais c'est que j*ai une proposition k vous faire , et qui est tout-à-fait raisonnable.

HORTENSE

Une proposition , monsieur le marquis ? Vous mV vez donc trompée ? Votre amour n'est pas aussi vrai que vous me Tavez dit.

LE MARQUIS

Que diantre voulez-vous? On prétend aussi que vous ne m'aimez point ; cela me chicane.

HORTEVSE.

Je ne vous aime pas encore , mais je vous aimerai. Et puis , monsieur , avec de la vertu , on se passe d'amour pour un mari.

LE MARQUIS

Oh ! je serais un mari qui ne s'en passerait pas, moi. Nous ne gagnerions , à nous marier , que le loisir de nous quereller à notre aise , et ce n'est pas là une partie de plaisir bien touchante ; ainsi, tenez, accommodons-nous plutôt Partageons le différend en deux : il y a deux cent mille francs sur le testament ; prenez-en la moitié , quoique vous ne m^aimiez pas , et laissons là tous les notaires , tant vivans que morts.

LE CHEVALIER, è fait à Hortoiue.

Je ne crains plus rien.

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