LÉPINE, LA COMTESSE
Puis - je prendre la licence de m'approcher de madame la comtesse?
Lk COMTESSE.
Qu'as-tu à me dire ?
LÉPIME.
De nous rendre réconciliés % monsieur le marquis et moi.
LA COMTESSE
Il est vrai qu'avec l'esprit tourné comme il l'a y il est homme à te punir de l'avoir bien servi.
■ De nous rendre réconciliée. On ttfconcilie, on ne rend pas r^ conciliées deux personnes brouillées ensemble. Mariyaux a touIu éviter la locution ordinaire, dans la crainte que Lépine ne parût traiter son mattre sur le pied de Fégalité. L^expression convenable était : d'apaiser monsieur le marquis , d'obtenir de lui le retour de ses bonnes grâces.
3o8 LE L£GS|
LÉPINE
J'ai le coatentement que vous avez approuvé mon refus de partir. Il vous a semblé que j'étais un servi* teur excellent; madame, ce sont les termes de la louange dont votre justice m'a gratifié.
LA COMTESSE
Oui, excellent, je le dis encore.
LÉPINE
C'est cependant mon excellence qui fait aujourd'hui que je chancelle dans mon poste. Tout estimé que je suis de la plus aimable comtesse, elle verra qu'on me supprime.
Non , non , il n'y a pas d'apparence. Je parlerai pour toi.
LÉPINE
Madame, enseignez à monsieur le marquis le mérite de mon procédé. Ce notaire me consternait : dans l'excès de mon zèle, je l'ai fait malade, je l'ai fait mort; je l'aurais enterré , sandis , le tout par affection, et néanmoins on me gronde ! ( s^approciMnt de la eamteste d*an air mjst^rienx. ) Je sais du demeuntut que monsieur le marquis vous aime *, Lisette le sait ^ nous l'avions même priée de vous en toucher deux mots pour exciter votre compassion , mais elle a craint la diminution de ses petits profits.
LA COMTESSE
Je n'entends pas ce que cela veut dire.
LÉPINE
Le voici au net. Elle prétend que votre état de