‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 3)Chapitre 225 sur 333 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

AZOR

Oui y mais non pas plus tranquille.

C^est oe qui m'arrive , nous nous ressemblons en tout. ,

AZOR

Oh ! quelle diffîrence! tout ce que je suis ne vaut pas vos yeux ; ils sont si tendres !

iCLÉ.

Les vôtres si vifs !

AZOR

Vous êtes si mignonne , si dëlicate !

ÉGLâ.

Oui, mais je vous assure qu'il vous sied fort bien de ne Fétre pas tant que moi ^ je ne voudrais pas que vous fussiez autrement , c'est une autre perfection ^ je ne nie pas la mienne ; gardez-moi la vôtre.

AZOR

Je n'en changerai point, je l'aurai toujours.

ÉGLÉ

Ah ! çà, dites-moi , où ëtiez-vous quand je ne vous connaissais pas ?

AZOR

Dans un monde à moi , où je ne retournerai plus , puisque vous n'en êtes pas , et que je veux toujours avoir vos mains *, ni moi ni ma bouche ne saurions plus nous passer d'elles.

ÉGLâ.

Ni mes mains se passer de votre bouche; mais j'entends du bruit , ce sont des personnes de mon monde ;

de peur de les effrayer, cachez-vous derrière les arbres ; je vais vous rappeler.

AZOR

Oui, mais je vous perdrai de vue.

BGLÉ.

Non ; vous n'avez qu*à regarder dans cette eau qui coule ; mon visage y est, vous Vy verrez.

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