SCÈNE IX
adiue.
Eachantëe ! Il est vrai que vous êtes passable , et même assez gentille ^ je vous rends justice, je ne suis pas comme vous.
ikÙLij à part
Je la battrais de bon cœur avec sa justice.
ADINE
Mais de croire que vous pouvez entrer en dispute avec moi , c'est se moquer ^ il n'y a qu'à voir.
ÉGLÉ
Mais c'est aussi en voyant , qne je vous trouve assez laide.
ADII7E.
Bon ! c'est que vous me portez envie, et que vous vous empêchez de me trouver belle.
Il n'y a que votre visage qui m'en empêche.
▲DINE
Mon visage ! Oh ! je n'en suis pas en peine , car je l'ai vu^ allez demander ce qu'il est aux eaux du ruisseau qui coule 9 demandez-le à Mesrin qui m'adore.
EOXjE.
Les eaux du ruisseau , qui se moquent de vous , m'apprendront qu'il n'y a rien de si beau que moi , et elles me l'ont déjà appris ; je ne sais ce que c'est qu'un Mesrin , mais il ne vous regarderait pas s'il me voyait'; j'ai un Âzor qui vaut mieux que lui , un Azor que j'aime , qui est presque aussi admirable que moi , et qui dit que je suis sa vie \ vous n'êtes la vie de personne, vous ; et puis j'ai un miroir qui achève de me
35o LA DISPUTE,
confirmer toat ce que mon Âzor et le ruisseaa assurent ^ y a-t-il rien de plus fort !
A m NE y riiikt.
Un miroir ! vous ayez aussi un miroir ! Eh ! à quoi vous sert-il? A vous regarder? ah! ah ! ab !
Ah ! ah ! ah ! n'ai-je pas deviné qu'elle me déplairait ?
ADIlfE, liant.
Tenez , en voilà un meilleur ; venez apprendre à vous connaître et à tou^ taire.
( Cftiise parait dans r^oignement. ) ÉGLÉy irooi^ement.
Jetez les yeux sur celui-ci pour y savoir votre médiocrité , et la modestie qui vous est convenable avec moi.
ADINE
Passez votre chemin^ dès que vous refusez de prendre du plaisir à me considérer , vous ne m'êtes bonne à rien y je ne vous parle plus.
EGLÉ
Et moi , j'ignore que vous êtes là. ( eucs s^ifcartnit )
ADINE, ipart.
Quelle folle !
'ÉGLÉ) à part.
Quelle visionnaire ! De quel monde cela sort-il ?