‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 3)Chapitre 28 sur 333 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LISETTE, FRONTIN, un moment seuls , LUCILE.

FBOlfTIIf, cMriÉvt.

Nous lui avons donné là une bonne petite dose d'émulation \ continuons , ma fille ; le feu prend par-

tout , et le mariage s'en ira en famée. Adieu , je me retire ; voilà ta maîtresse qui accourt ; confirme - la dans ses dégoûts. ( n tvn Ta. >

LUGILE.

Que se passe-t-il donc ici ? Vous parliez bien haut avec ma sœur, et je l'ai vue de loin comme en colère. D'un autre côté , mon père ne me parle point. Qu'avez-vous donc fait ? D'où cela vient-il ?

LISETTE

Réjouissez-vous , madame ^ nous vous débarrasserons de Damis.

Fort bien , je >gage que ce que vous me dites là me pronostique quelque coup d'étourdie.

LISETTE

Ne craignez rien ; vous ne demandez qu'un prétexte légitime pour le refuser , n'est - il pas vrai ? Eh bien ! j'ai travaillé à vous en donner un ; et j'ai si bien fait , que votre sœur est actuellement éprise de lui ; ce qui nous produira quelque chose.

LUGILE.

Ma sœur actuellement éprise de lui ! Je ne vois pas trop à quoi ce moyen hétéroclite peut m'étre bon. Ma sœur éprise ! Et en vertu de quoi le serait-elle ? Et d'où vient qu'il faut qu'elle le soit ?

LISETTE

N'est- on pas convenu que Damis ferait la cour à votre sœur ? Si avec cela elle vient à l'aimer , vous pouvez vous retirer sans qu'on ait le mot à vous dire ; je vous défie d'imaginer rien de plus adroit ; écoutez-moi.

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