‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 3)Chapitre 314 sur 333 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

COLETTE

Ça est bien obligeant.

MERLIN

Ne VOUS étes-vous pas aperçue du plaisir que j'ai à vous voir ?

COLETTE

Oui ] mais je n'ose pas bonneatent m'apercevoir de ce plaisir-là, à cause que j'y en prendrais trop de mon côte.

MERLIN, inlerronipant.

Doucement, Colette ^ il n'est pas décent de vous déclarer si vite.

COLETTE

Dame! comme il faut avoir dl'amiquié pour vous dans cette affaire-là , j^ai cru qu'il n'y avait point de temps à perdre.

MERLIN

Attendez que je me déclare tout-à-fait, moi.

B L A I s E , intelTomptot , de ton ti^ge.

Voyez en effet comme aile se presse; an dirait qu'aile y va de bon jeu. Je crois que ça m'annonce du guignon.

L I SETT E , Mtb« et interrompent.

Je n'aime pas trop cette saillie-là non plus.

C'est qu'elle ne sait pas mieux fafre.

COLETTE

Eh bien ! velà ma pensée tout sens dessus dessous ; pisqu'ils me Mâment, je sis trop timide pour aller en avant , s'ils ne s^en vont pas.

4g6 LES ACTEURS DE BONNE FOI,

MEBLIN.

Que vous me charmez, belle enfant ! Donnez*moi votre jolie main , que je vous en remercie.

LISETTE, interrompant.

Je défends les mains.

COLETTE

Faut pourtant que j'en aie.

LISETTE

Oui; mais il n'est pas nécessaire qu'U les baise.

MÇKLIN.

Entre amans , les mains d'une maîtresse sont toujours de la conversation.

BLÂISE.

Ne permettez pas qu'elles en soient, mademoiselle Lisette.

MERLIII.

Ne vous fâchez pas ; il n'y a qu'à supprimer cet endroit-là.

Ce n'est que des mains, au bout du compte/*.

MERLIN

Je me contenterai de lui tenir la main de la mienne.

BLAISE

Ne faut pas magnier non plus ; n'est-ce pas , mademoiselle Lisette ?

' Ce n'est que des mainê, tui boni du comf^te» Dans la boodM de tontQ aatre qu'une TillageoÎM, de Lisette , par etsemiile, le trait serait TÎf et gaillard. Dans celle de Colette , c*est nue Baivete piquante.

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