SCÈNE XII
M- AMELIN, ARAMINTE, M- ARGANTE, ÉRASTE, ANGÉLIQUE, MERLIN, BLAISE, LISETTE, COLETTE.
M ÂRGANTfi, à Merlin et aox aat'rea acteurs de la comëdie.
J'ajoutb dix pistoles à ce qu'on vous a promis , pour vous exciter à bien faire. Asseyons-nous, madame , et écoutons.
M"^ AMELIN
Écoutons donc , puisque vous le voulez.
MERLIN
Avance , Biaise -, reprenons où nous en étions. Tu te plaignais de ce que j'aime Colette ; et c'est , dis-tu, Lisette qui te l'a appris ? *
BLAISE
Bon ! qu'est-ce que vous voulez que je dise davantage?
M"* ARGANTE
Vous plaît -il de continuer, Biaise ?
BLAISE
Non ; noute mère m'a détendu de monter sur le tbiâtre.
5ao LES ACTEURS DE BONNE FOI,
M"** ARGANTE
Et moi, je lui défends de vous en empêcher; je vous sers de mère ici, c'est moi qui suis la vôtre.
BLAISE
Et 3U par-dessus, on se raille de ma parsonne dans ce peste de jeu -là, noute maîtresse. Colette y fait semblant d'avoir le coeur tendre pour monsieur Merlin , monsieur Merlin de li céder le sien ; et , maugré la comédie, tout ça est vrai, noute maîtresse ; car ils font semblant de faire semblant, rien que pour nous en revendre ; et ils ont tous deux la malice de s'aimer tout de bon en dépit de Lisette qui n'eu tâtera que d'une dent , et en dépit de moi , qni sis pourtant retenu pour gendre de mon biau - père.
(Les dames rieot. ) M"M ARGANTE.
Eh ! le butor! on a bien affaire de vos bêtises. Et vous , Merlin , de quoi vous avisez-vous d'aller faire une vérité d'une bouffonnerie ? Laissez-lui sa Colette, et mettez-lui l'esprit en repos.
Oui ; mais je ne veux pas qu'il me laisse , moi ; je veux qu'il me garde.
m"' ARGANTE.
Qu'est-ce que cela signifie , petite fille ? Retirezvous, puisque vous n'êtes pas de cette scène-ci ] vous paraîtrez quand il sera temps ; continuez , vous autres.
MERLIN
Allons, Biaise; tu me reproches que j'aime Colette ?