ACTE ÏII, SCÈNE V
LISETTE
Voilà ce que c'est que de n avoir pas laissé aller les choses ; je crois que, sans nous, nos gens s'aimeraient. Maudite soit l'ambition de gouverner chacun notre ménage !
FRONTIN
Ah ! mon enfant , tu as beau dire , tous les gouvernemens sont lucratifs^ et le célibat où nous tenions^ toi , ta maîtresse , et moi , mon maître , n était pas mal imaginé ; le pis que j'y trouve, c'est que je t'aime, etque tu n'en espasquitteà meilleur marché que moi.
LISETTE
Eh! que n'as -tu eu l'esprit de m^aimer tout d'un coup ? J'aurais fait changer d'avis à Lucile.
froutin.
Voilà notre tort ; c'est de n'avoir pas prévu l'infaillible effet de nos mérites. Mais , ma mie , notre mal est-il sans remède ? Je soupçonne, comme toi, que nos gens ne se haïssent point dans le fond , et il n'y aurait qu'à les en faire convenir pour nous tirer d'affaire *, tâchons de leur rendre ce service-là.
Nous avons bien aigri les choses. N'importe, voici ton maître ; changeons adroitement de batterie , et tâchons de le gagner.
dtèie signifiant régime de vie, abstinence , sobriété, n*admet point le pluriel.