FRONTIN, M. ERGASTE
M. EKGASTE.
Mon fils n'ëtait-il pas avec toi tout à Theure ?
FRONTIN
Oui, monsieur, il me quitte.
M. ERGASTE
11 me semble qu'il m'a ëvitë.
FRONTIN
Lui, monsieur ! je crois qu'il vous cherche.
M. ERGASTE
Tu me trompes.
■ Le mariage rend tous les hommes si graciables ! Un Talet peu t bien parlerd'nne manière commune j on lui passe des termes grivois , des impertinences même , mais non point des barbarismes , ou des mots qoi rendent une idée diffifrente de celle qu'il yeut exprimer. Un crime est graciable, c'estrà-dire , digne de pardon j d^un homme qui platty qui a de Tagrément, on ne peut pas dire qu^il soit graciable. Cest surtout pour les étrangers que ces sortes de remarques sont nécessaires.
FRONTIN
Moi , monsieur ! j'ai le caractère aussi vrai que la physionomie '.
M. ERGASTE
Tu ne fais Téloge ni de Tun ni de l'autre. Mais passons ; je sais que tu ne manques pas d'esprit , et que mon fils te dit assez volontiers ce qu'il pense.
Il pense donc bien peu de chose , car il ne me dit presque rien.
M. ERGASTE
Il aime Phénice qu'il va épouser ; je remarque cependant qu'il est triste et rêveur.
FRONTIN
Effectivement, et j'avais envie de lui en dire un mot.
M. ERGASTE
Est-ce qu'il n'est pas content ?
FRONTIN
Bon! monsieur, qui est-ce qui peut l'être dans la vie?
M, ERGASTE
Maraud !
' Tai le caractère aussi vrai que la physionomie. Le Crispin rwal de Le Sage est antérieur de trente-cinq ans aux Sermens indiscrets; dans Crispin rivale M. Oronte dit à La Branche : « Approche, Tiens fc ç&; je te trooTe une physionomie d^honnéte homme. » Et La Branche lui répond : « Oh ! monsieur, sans yanit^ , je suis encore fc plus honnête homme que ma physionomie. ■ U faut croire que le mot de Frontin s^est tronrë sous la plume de Martrauz par suite d'une réminiicenoe inToloo taire.