ACTE U, SCENE IX
SILVIA, à part.
J'ai besoin à tout moment d'oublier que je Técoute.
DORANTE
Si tu savais, Lisette, Tëtat où je me trouve...
SILVIA
Oh ! il n est pas si curieux à savoir que le mien , je t'en assure.
DORANTE
Que peux-tu me reprocher ? Je ne me propose pas de te rendre sensible.
SILVIA, ài»art.
Il ne faudrait pas s'y fier.
DORANTE
Et que pourrais -je espérer en tâchant de me faire aimer? Hélas ! quand même je posséderais ton cœur. . .
Que le ciel m'en préserve! quand tu le posséderais, tu ne le saurais pas-, et je ferais si bien, que je ne le saurais pas moi-même. Tenez, quelle idée il lui vient là !
DORANTE
Il est donc bien vrai que tu ne me hais, ni ne m'aimes, ni ne m'aimeras?
SILVIA
Sans difficulté.
DORANTE
Sans difficulté l Qu'ai-je donc de si affi-eux? 4. . '6
LE JEU DE L'AMOUR KT DC HASARD
Rien ; ce n'est pas lace (jai te nuit.
rOB*HTE.
Eh bitnl chère Lisette, dis-le-moi cent fois, que tu ne m'aimeras point. ^^
Oli ! je te l'ai assex dit-, lâche de me croire. ■
DOHAHTE.
Il faut (|ue je le croie! Désespère une passion dan- {^ereuse, sauve-moi des effets que j'en crains; tu ne uie hais, ni nu m'ntmes, ni ne m'aimeras; accable mon cœur de cette cerlitnde-là, .Vagis de bonne foi, donne -moi du secours contre moi-miîme; il m'est nécessaire ; Je le le demande k genoux. [HHiMMàgwtu.