‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 4)Chapitre 188 sur 315 · ACTE II, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III

PHOCION

Cet aveu change tout entre nous, seigneur. levons ai promis de demeurer en ces lieux; mais la bonne foi me le défend; cela n*est plus possible, et je pars. Vous auriez quelque jour des reproches à me faire; je ne veux point vous tromper, et je vous rends jusqu'à Famitië que vous m*aviez accordée.

Quel étrange langage me tenez-vous là , Phocion ! D'où vient ce changement subit? Quai -je dit qui puisse vous déplaire ?

PHOcion.

Rassûrez-vous , Agis ; vous ne me regretterez point. Vous avez craint de connaître ce que c'est que la douleur de perdre un ami -, je vais l'éprouver bientôt, mais vous ne la connaîtrez point.

▲ GIS

Moi , cesser d'être votre ami !

PHOCION

Vous êtes toujours le mien, seigneur; mais je ne suis plus le vôtre. Je ne suis qu'un des objets de cette haine, dont vous parliez tout à l'heure.

▲ GIS

Quoi ! ce n'est point Phocion?...

• PHOCION

Non, seigneur; cet habit vous abuse. Il vous cache une fille infortunée qui échappe sous ce déguisement

penchant vous provenait pour un autre; car peut-éln aimez-vous ailleurs, et oe serait encore pis.

PUOCION.

Non, vous dis-je. Je vous ressemblci je n'ai jusqu'ici senti mon cœur que par l'amitié que j'aî eue pour VOUS; et si vous ne me retiriez pas la vôtre, je ne voudrais jamais d'autre sentiment que celui-là.

Sur ce pied -là, ne vous exposez pas à revoir b princesse ; car je suis toujours le même. raocioB.

Vous m'aime?, donc encore ?

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