‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 4)Chapitre 224 sur 315 · GOBIÉDIE EN UN ACTE ET EN PROSE · texte numérisé non relu

GOBIÉDIE EN UN ACTE ET EN PROSE

Kepréientée pour la première fois par les comédiens italiens ,

le a6 juillet 173a.

JUGEMENT

SUR

(jette comédie fut faite pour donner au Théâtre^Italien la contre - épreuve de toutes les pièces dans lesquelles Molière a attaqué les abus et les dangers d'une éducation trop séTère. C'est la morale de tous les théâtres, et celui d'Arlequin méritait plus encore que celui de Molière de devenir la tribune ou les maximes indulgentes et commodes de la liberté domestique devaient être préchées.

Favoriser le penchant de la jeunesse à l'indépendance de l'autorité paternelle ou maternelle, lui accorder, comme le privilège de son âge , le droit de se livrer sans contrainte à des inclinations trop souvent expiées par un repentir tardif, plaider la cause des passions contre celle du devoir , telle n'est pas la tâche d'un moraliste rigoureux ; mais telle est celle de l'auteur comique. Quand il s'en acquitte avec esprit , quand il amuse ou qu'il intéresse, aux dépens même des convenances ou des vertus sociales, il obtient facilement son pacdon. On sait depuis long-temps à quoi s'en tenir sur la devise de Santeuil. Une

4îo JUGEMENT

lionne comcdie fait nc«; louant à la correction des

ce n'est pas son alTaire; elle sait

Hègle Bcnevaie : on ne va point au ipcctacle [loiir faire son salia.

Dans ses onTinfics scrieu» , Marivaux a piviuTiï qu'il sa%.iit tlie pljilasojilie , et mcnic p)iilo»uplie rigide. Jl se leliiclie un jieu de se» maximes inun ie» pièces de tbijitre. Partout il semonli'eliounéielioiiinie) seulement il approprie ses idt-cs et sou InngOB* ou genre qu'il irai le. Lesptiîlosoplies anciens se sont donu^ bien d'aulies licences , et ïl y a loin de la facilite de principes admise accidentel te ment par notre auteur, à la seconde partie du Bançuei de Platon, àla description du mirvirtftfMb'i» par Seaiauc .

SUR L'ÉCOLE DES MÈRES. 4îrr

€e qui é^t moins vraisemblable, c'est qu'une mère se dé*^ eide à fatiguer d'une oppression gratuite les premières années de sa fille, à lui imposer le joug de l'ignorance €t celui des pratiques les plus gênantes , et pourquoi ? pour l'obliger à épouser, quand il en sera temps, un riche -vieillard, pour la contrarier dans les inclinations naturelles de son âge^ pour faire en un nK>t le malheur de sa vie entière. Si cette éducation est le résultat d'une longue prévoyance , avouons que bien peu de mères sont assez barbares pour concevoir cet abominable calcul. Si madame Argante a agi sans motif, elle forme encore une exception plus singulière aux autres mères. C'est un caractère à la fois bizarre et cruel , dont , heureusement , L'original est si rare , qu'il ne peut être raisonnablement présenté comme un personnage de comédie* La comédie , en effet, ne doit peindre que des généralités plus ou moins étendues. Les monstres ne figurent point dans ses domaines.

Le vieux Damis a plus de bon sens et d'amabilité que maulame Argante. Dès qu'il apprend que son fils est son rival, et son rival préféré , il lui cède incontinent la place , et l'on se doute bien. que laoupidité de madame Argante étant satisfaite par une substitution qui garantit à Angélique un égal avantage de fortune , son consentement ne se fait pas attendre.

On trouvera beaucoup de rapports entre l'Angélique de Marivaux et. l'Agnès de Molière. Toutes deux ont été, suivant la belle expression de Racine , instruites dans l'i-

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