‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 4)Chapitre 230 sur 315 · M- ARGANTE, LISETTE · texte numérisé non relu

M- ARGANTE, LISETTE

M°" ABGAHTE.

Mi. fille TOUS dit assez volontiers ses sentimens, Lisette \ dans quelle disposition d'esprit est-elle pour le mariage qve nous allons conclure? Elle ne m'a marqué du moins aucune répugnance.

LISETTE

Ah! madame, elle n'oserait vous en marquer, quand elle en aurait; c'est une jeune et timide personne, à qui Jusqu'ici son éducation n'a rien appris qu'à obéir.

C'est, je pense, ce qu'elle pouvait apprendre de mieux à son âge.

LISETTE

Je ne dis pas te contraire.

m"' IKGAIITE.

Mais enfin, tous parait-elle contente?

LISETTE

Y peut - on rien connaître ? Vous savez qu'à peine ose-t-elle lever les yeux, tant elle a peur de sortir de cette modestie sévère que vous lui prescrivez ; tout ce que j'en sais , c'est qu'elle est triste.

M~* ahkamte.

Oli ! je le crois; c'est une marque qu'elle a le cœw bon-, elle va se marier, elle me quille, elle m'aine, et notre séparation est douloureuse.

LISETTE

Eh [ eh! ordinairement, pourLiut, une fille qtnn se marier est assez gaiu.

M~* ARCAKTK.

Ouï, une fille dissipée, élevée dans im monde Oh quet, qui a plus entendu parler d'amour que de vertu, et que mille jeunes étourdis ont eu l'impertinente liberté d'entretenir de cajoleries. Maïs u»«? Rlle retirée, qui vit sous les yeux de sa mère, et dont ricD n'a gâté ni le cœur ni l'esprit, ne laisse pas que d'JUV -,Krn>.!o ....-...-^1 ^11-. -l.-^,,^ -t*.(f,. T„ «^-„,:- »™i.

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