‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 4)Chapitre 251 sur 315 · SCENE XIX · texte numérisé non relu

SCENE XIX

j'avais été un peu dans le monde, je vous aimerais peut-être sans vous le dire -, je vous ferais languir pour le savoir. Je retiendrais mon cœur^ cela n'irait pas si vite , et vous m'auriez déjà dit que je suis une ingrate ; mais je ne saurais me contrefaire. MelteE-vous à ma place; j'ai tant souffert de contrainte! ma mère m'^i rendu la vie si triste! J'ai eu si peu de satisfaction! elle a tant mortifié mes sentimens ! Je suis si lasse de les cacher, que, lorsque je suis contente et que je le puis dire, je l'ai déjà dit avant de savoir que j'ai parlé. Imaginez -vous à présent ce que c'est qu'une fille qui a toujours été gênée, qui est avec vous, que vous aimez, qui ne vous hait pas , qui vous aime, qui est franche, qui n'a jamais eu le plaisir de dire ce qu'elle pense, qui ne pensera jamais rien d'aussi touchant-, et voyez si je puis résister à tout cela.

ÉKASTE.

Oui, ma joie, d'aprèsceque j'entends, va jusqu'au transport ! Mais il s'agit de nos affaires. J'ai le bonheur d'avoir un père raisonnable, à qui je suis aussi cher qu'il me l'est à moi-même, et qui, j'espère, entrera volontiers dans nos vues.

ANGÉLIQUE

Pour moi , je n'ai pas le bonheur d'avoir une mère

qui lui ressemble-, je ne l'en aime pourtant pas

moins....

m"*' argante.

Ah ^ c'en est trop, fille indigne de ma tendresse!

LKCOLE »ES MERKS,

t»Q£l.IQI.C.

Ail ! je suiâ perdue ! (lu t-ttann» lui, »«» <

M*' AILCANTE.

Vite, Fiomjn; qu'on éclaire! qu'on vienne!

Ingrate ! est-ce là le fruit des soins que je me suis ' donnes pour vous former à la vertu? Ménaf^er do intrigues ;i mon insu 1 Vous gibindre d'ujte i^ducalion qui m'occupait tout entière! EU bien! jeune extravagante, un couvent, pliiii austère que moi, me répondra des egarcmens de votre cteur.

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