TRIOMPHE DE PLUTUS
œMÈDIE EN UN ACTE ET EN PROSE ,
Rqirésentée pour la première fois par les comédiens italiens,
le 33 aTTÎl 1738.
JUGEMENT
SUR
Le Triomphe de Plutus est un titre incomplet par l'expression, et dont le sens toutefob se laisse facilement deviner. 11 s'agit, dans la pièce suivante , de la prééminence ordinaire des richesses sur le mérite ; Plutus l'emporte sur Apollon. Qu'est-ce à dire ? Marivaux , toujours si moral dans le choix de ses sujets , a-t-il eu vraiment l'intention de soutenir une thèse essentiellement immorale, et de défendre comme légitime la supériorité de la fortune sur le mérite ? Non , sans doute : il a dû , en sa qualité d'auteur comique , peindre les choses telles qu'il les voyait dans le monde; mais il n'a pas voulu devenir, par une approbation coupable, le complice des abus qu*il avait à signaler. Aussi , tout en nous montrant la défaite du dieu des beaux-arts , il n'a pas épargné le ridicule à son rival , ni la honte à ceux auprès desquels ce dernier obtient l'avantage.
Quels singuliers personnages , dira-t-on peut-être , pour ime comédie , que Plutus et Apollon ! Un tel choix paraitrait bien malheureux aujourd'hui : il l'était beaucoup moins il y a un siècle ; c'est ce que prouvent de nombreux succès consignés dans V Histoire anecdotique et raisormée du Théâtre Italien. Cependant l'auteur de Marianne, persuadé qu'il faut toujours , autant que possible , faire agir et parler des personnages de la vie réelle , lorsqu'on
tresse , pour lui prouver (juV'u ani autre chose riiillueui'e île l'or e>t id Ion, qui a déjà l'ait quelcjues progrès di rit des prcteulions de IHutus ; mais ( gné par sa générosité, qui ne peut dieu y et Spinette , suivante d'Amiute jeune personne , et cette jeune perso jusqu'au valet d'Apollon ; enfin il po qu'à payer lui -même les musiciens cominandés pour une fête. Apollon , monde , avoue sa défaite , mais sans fièrement son nom. Piutus quitte auss donne qu'on exécute le divertissement frais.
Le Timon de Lucien pourrait bien a vaux l'idée de sa comédie. Piutus est teur du dialogue de l'auteur grec ; et , r de la forme, on sent que les deux aute par une même pensée , celle de faire i des richesses et sur r^n^- -^