‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 5)Chapitre 14 sur 316 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

LA FÉE, TRIVELIN

LA FÉE

Ah ! Trivelin , je suis perdue.

TRIYELIN.

Je vous avoue y madame, que voici une aventure où je ne comprends rien. Que sérait-il donc arrivé à ce petit peste-là ?

LA FÉE) au dëteepoir et avec feu.

Il a de l'esprit , Trivelin , il en a , et je n*en suis pas mieux ; je suis plus folle que jamais. Ah ! quel

3o ARLEQUIN POLI PAR L'AMOUR,

coup pour moi ! Que ce petit ingrat vient de me paraître aimable ! As-tu vu comme il est changé ? Âs-ta remarque de quel air il me parlait? combien sa physionomie était devenue fine ? Et ce n'est pas de moi qu'il tient toutes ces grâces-là! Il a déjà de la délicatesse de sentiment ; il s'est retenu , il n'ose me dire à qui appartient le mouchoir ; il devine que j'en serais jalouse. Ah! qu'il faut qu'il se soit pris d'amour pour avoir déjà tant d'esprit ! Que je suis malheureuse ! Une autre lui entendra dire ceye vous aime que j'ai tant désiré, et je sens qu'il méritera d'être adoré ^ je suis au désespoir. Sortons , Trivelin. Il s'agit ici de découvrir ma rivale \ je vais le suivre et parcourir tous les lieux où ils pourront se voir. Cherche de too côté ; va vite. Je me meurs.

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